lundi 22 mars 2004
martin rappeneau
Par doudou, lundi 22 mars 2004 à 11:09 :: Général
Martin Rappeneau est l’un des rejetons de cette nouvelle chanson française proche de la grande variété. Ses mélodies (entre Polnareff et Berger !) et son jeu de piano sortent du lot. Là où la Star Ac nous ressert toujours les mêmes tubes d’antan, lui a au moins le mérite de nous offrir un répertoire original et personnel. Et sur scène, ça vaut le déplacement.
Avec La Moitié des choses, Martin Rappeneau fait son entrée sur la scène de la chanson française. C'est le premier artiste à se faire produire par l'excellentissime Sinclair. Leur rencontre ? Totalement due au culot du jeune chanteur qui osa l'aborder à une terrasse de café. Les aficionados du funky Sinclair auront déjà repéré Martin Rappeneau sur la bande originale de Mon idole, le film de Guillaume Canet. Côté cinéma, il a également écrit les paroles de Bon Voyage (du film éponyme de Jean-Paul Rappeneau), interprétée par Isabelle Adjani et arrangée par Gabriel Yared. Pour le deuxième, avouons que le chanteur a été un peu aidé. En effet, le réalisateur du film, Jean-Paul Rappeneau, n'est autre que... son père ! Mais ne résumons pas tout à une histoire de piston car c'est grâce à ses multiples talents qu'il a réussi à percer. Tour à tour touchantes, drôles, émouvantes, tristes et gaies, les treize chansons qui composent l'album se succèdent et montrent le talent indéniable de Martin Rappeneau. Son inspiration : Michel Legrand, l'un des rares artistes français à être plus connu à l'étranger. C'est à lui que l'on doit notamment la musique des Demoiselles de Rochefort et les B.O. de nombreux films français.
Côté textes, Martin Rappeneau nous parle lui d'amour. Autant de « liaisons passagères - une aventure qui ne dure qu'un hiver » que de relations sérieuses. Autant de mensonges - il « ment comme elle respire pour éviter le pire » - que de déclarations sincères - « pardonne-moi mon offense, accorde moi cette chance, aie pitié de mon errance ». A côté des mélopées romantiques, entre autres, une chanson amusante sur le Photomaton qu'il qualifie de « photographe de hasard, volontaire pour tirer de vos portraits des aveux involontaires ». Il avoue : « c'est un peu flou mais en quatre images, vous m'en avez dit plus que certains en mille pages ». En résumé, Martin Rappeneau nous propose donc « un détour par [sa] santé mentale et sentimentale » fort bien écrit. Pour la petite leçon : « les adieux sans larmes, les caresses sans âme, les rendez-vous sans fleurs sont des erreurs que tu connais par coeur ». Un vrai moralisateur ce Martin Rappeneau