En 12 ans à Paris, j'ai pas moins de 9 déménagements derrière moi, malgré plusieurs bails de 3 ans : Rue Olivier de Serres, rue Duméril, rue Edmond Michelet (au KB), rue du 14 juillet (au KB), rue Nationale, avenue René Coty, rue des Messageries, rue de Romainville, rue Volta.
Je suis un vétéran du truc, j'ai des dossiers de location en béton armé, tout nickels tout complets (page d'intro fort utile, 3 derniers bulletins, 3 dernières quittances, attestation de l'employeur, dernier avis d'IR, dernier avis de TH, pièce d'identité, dernière quittance EDF…), et je peux vous le dire : c'est de pire en pire.
Les propriétaires de la région parisienne s'enfoncent, pour 99% d'entre eux, dans la folie, la démence, le despotisme arbitraire. Entre ceux qui exigent d'un couple de quinquagénaires aisés (hauts revenus, propriétaires d'une immense maison en Bourgogne, etc.) une caution familiale (quitte à ce qu'elle soit assurée par leurs enfants !), ceux qui vous demandent un an de loyer d'avance (pratique absolument illégale), ceux qui veulent 12 à 18 mois de caution bancaire (soit entre 15K€ et 23K€ de bloqués, ceux qui demandent 4 fois le loyer en revenus (soit 5200€ net/mois), et autant pour les cautions… Une maison de fous.
En plus cette année, on nous a jetés un sort, c'est pas possible.
Jeudi 3, on tombe amoureux d'un 58m2 avec des propriétaires jeunes et sympas, à 20m de la place de Clichy. On se retrouve seulement _2e choix_. Jeudi 10, re-coup de foudre à Levallois, et le propriétaire nous dit qu'on peut l'appeller dès samedi soir pour connaître sa décision. Le samedi, on visite 4 apparts dont un nous plaît aussi beaucoup, rue Saint-Ambroise : c'est notre 2e choix. Le proprio est adorable, mais dira oui au premier preneur qui satisfait aux conditions (faibles). On lui garantit une réponse d'ici dimanche matin. Samedi soir, impossible de joindre celui de Levallois. Dimanche matin, pas davantage. On finit par appeler celui de Saint-Ambroise à 12h30 pour apprendre qu'il a eu un oui 15 minutes plus tôt. Et nos deux principales envies nous filent ainsi entre les doigts, vraisemblablement.
La rage. D'autant que nous, faut qu'on ait évacué l'endroit actuel au plus tard le 8 mars.
Et pourtant, on a un bon dossier…
Grrrr.