Il est bon que je n'ait pas blogué 10' plus tôt.
Sans quoi je n'aurais pas lu la dernière réponse de Michaël sur la mailing-list (ML) de la Bulle, au sujet du S.I.
Ce fut une journée stressante, pour le moins, avec rien, ou presque, qui ne va comme on veut.
Foirage de réveil avec un bip tonitruant et ininterrompu pendant plus d'une heure de l'autre côté du mur de ma chambre (dans une pièce de l'immeuble mitoyen, qui m'avait déjà causé des soucis de dodo il y a 3 mois), juste une heure avant mon réveil. Quand ce dernier a sonné, j'étais mort, énervé, et finalement, le bip cessa peu après, et je sombrais dans le dodo nerveux.
Lever final très en retard, donc toujours énervé, départ, passage par la Poste récupérer un paquet et 20 minutes de queue (pfff...), enfin métro et INSIA. Là, ça va mieux : j'entreprends une à une les tâches de ma liste, avec encadrement de Davux, établissement des notes de projet annuel pour les Sups, écriture du sujet Java pour l'examen de rattrapage de samedi, un poil de boulot sur Tholos, et mise en place d'une ML enfin correcte pour la Bulle, grâce à Manu (et hop, mon quota de manu rempli ;-)).
C'est là que ça se gâte : j'envoie un e-mail sur ladite liste demandant une réunion urgente pour debriefer sur la liste des fonctionnalités prévues pour le S.I., et là, Michaël fait une réponse dont la dureté et surtout l'orthogonalité à l'axe entrepris choque tout le monde. La situation, qui s'annonçait difficile car on sentait le vent venir, prend une tournure peu amène. Je réponds poliment, je me fais rembarrer, je réponds poliment, je me fais rembarrer, je fais une demande de réunion avec lui, le directeur et moi pour régler le contentieux et je réponds poliment.
A côté de ça, les entretiens techniques des candidats et quelques broutilles achevaient de me prendre mon temps. Donc Tholos quasi point mort aujourd'hui, et par conséquent, votre serviteur est super énervé, en plus d'être stressé à la perspective de devoir gérer une situation si fortement conflictuelle.
En revenant chez moi, coup de fil avec ma doudou qui démarre très, très mal. Je devais en arriver à la veine sur le front, là. Les choses se calment, mais le malaise de fond (entre moi et maman Doudou) subsiste, ce qui n'a pas fini de me tourmenter.
Une fois assis à mon PC, je découvre une réponse de Michaël, beaucoup plus posée que les précédentes. Evidemment, mon énervement recule devant cette tentative, enfin, de conciliation. J'attends demain pour répondre au calme et réfléchir constructivement, et je me sens plus ouvert à certaines concessions.
Je dois bien avouer qu'au fond de moi, je n'ai pas envie de laisser le S.I. aux mains de Michaël par 1) pur intégrisme technique et 2) ego.
D'une part, je reste persuadé que Michaël n'a pas le niveau technique nécessaire à la mise en oeuvre du projet, ni le niveau managérial nécessaire à sa maîtrise d'ouvrage (ces deux points étant, j'imagine, partiellement faux).
D'autre part, ce projet est magnifique et, en le lançant avec Davux, il devenait mon bébé. J'ai assuré plusieurs maîtrises d'ouvrage de ce type, et les intranets applicatifs, c'est mon coeur d'expertise : le projet m'attire comme les sirènes Ulysse, à ceci près que je ne me suis pas fait enchaîner au mat et du coup on rame.
Très soucieux de la qualité technique et architecturale du projet, je frémis à l'idée d'y impliquer des étudiants peu ou mal formés, je sais trop ce que donne l'effet Broken Window, et non merci, très peu pour moi. Mais en vérité, même si je suis parti pour une qualité technique certaine, elle est au détriment d'une architecture qui, si elle ne saurait être "bof", ne serait sans doute pas "top". Et la documentation de haut niveau ne serait certainement pas à la hauteur de ce que la démarche tout-UML de Michaël pourrait produire.
A l'inverse, sa démarche réveille des souvenirs désagréables de projets empêtrés dans la toute-puissance d'AGLs qui freinaient et réstreignaient le développement, plutôt que de l'accélérer et en accroître les possibilités.
Comme toujours, la vérité est certainement quelque part au milieu, dans la conciliation et la coopération. Et surtout, dans la récession des egos "diva" dont Michaël et moi sommes lourdement dôtés, afin d'aller vers un rapprochement entre la Bulle "noyau" et lui, ce qui n'aurait que des avantages, mais n'est pas gagné pour autant.
La contrainte de temps joue aussi dans ma réticence, ainsi que les délicates questions d'intégration entre sa solution globale et les composantes techniques qui me sont chères...
Peut-être qu'une voie médiane existe, avec Michaël "responsable" de la stratégie, capturant et centralisant les problématiques métier, et gérant le projet d'un point de vue humain et collaboratif ; moi "responsable" de la technique, supervisant l'architecture des différents modules, ajustant les outils pour se caler dans nos normes et à nos exigences de qualité, avalisant les technologies, et codant un peu ; David ouvrant la voie sur l'exécution (le codage, le test, la doc...) ; et peut-être quelques autres étudiants soigneusement encadrés pour de l'exécution déléguée. Mais surtout, avec une véritable écoute entre Michaël et moi, deux architectes, deux collaborateurs, ni chef ni sous-traitant. Le hic, c'est que tout ça va demander pas mal de préparation, et j'ai peur que nos deadlines se mettent à grincer.
Demain est un autre jour. Il faut que j'en parle avec Michaël.