no, I won't fix your code.
Ce sont là le recto et le verso des T-shirts officiels profs/ACU pour cette édition 2003 de la Piscine INSIA.
On dira ce qu'on veut, mais emmener une piscine a quelque chose d'intoxicant, c'est un peu comme une drogue douce. Jour après jour, deux semaines durant, on les voit progresser à vue d'œil (pour certains). On en voit ramer, s'enliser, ne pas oser poser des questions.
La piscine remplit son office, imparablement : isoler les brillants et ramener le reste à une quasi-uniformité de niveau, lequel doit être raisonnablement bon pour attaquer la suite, avec ses mini-projets hebdomadaires et ses projets bien salés.
On s'en frotte les mains, en souriant, l'air machiavélique. Mais on adore ça. On adore les voir s'émerveiller, à peine quelques semaines plus tard, lorsqu'ils réalisent la quantité faramineuse de connaissances qu'ils ont fini par ingurgiter, chacun à leur niveau, chacun à leur façon. On adore en voir s'éclater, prendre de bonne grace quelques trempes aux notations pour rajuster leur orgueil et se motiver davantage. On adore réveiller tout ce petit monde de sa torpeur intellectuelle, mettre les points sur les I, et marcher vigoureusement vers un enseignement lourd et qualitatif.
De lib en lib, d'exercice en exercice, on navigue entre les mines (« ta mémoire est un champ de mines », dixit manu-celui-qui-explique-trop-bien) à grands coups d'apprentissage, d'acquisition effrénée de compétence et d'expérience. On acquière, inlassablement, les bons réflexes et l'aptitude au travail.
Pour nous, de l'autre côté de la barrière, c'est toujours l'occasion de vérifier nos compétences, l'envie de réécrire les corrections pour voir si on saurait mieux faire que l'an passé, la remise en question éternelle pour voir si on peut mieux enseigner, mieux former, mieux expliquer, mieux évaluer.
On est tour à tour moniteurs, maîtres-nageurs, sauveteurs, gardes-côtes, brigade fluviale, nageurs de combat. Tantôt good cop et tantôt bad cop. On encourage, on secoue, on réprimande, on écoute, on réconforte.
C'mon, soldier! Gimme 20!
Oui, mais pas pour finir avec 120 troufions tout juste bons à me faire les chiottes à la brosse à dents. Non, on forme des généraux qui savent aussi remonter leurs armes les yeux bandés, avec des moufles, sans connaître toutes les pièces d'avance. On forme les enfants cachés de McGyver et Indiana Jones.
Nos troufions cette année seront les sergents-instructeurs de l'an prochain.
Nous faisons des balezes, et nous le faisons bien.