Et à part ça ?

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mardi 30 décembre 2003

Retour d'expérience

Le 23 juillet dernier, je vous dressais une liste de films pour la fin de l'année. Qu'en est-il advenu ?


Lost in La Mancha

Finalement vu en DivX. Pas mal, mais vraiment court et quelque part triste, dans la mesure où toute cette bonne volonté n'aura servi à rien (sinon au documentaire), et c'est bien dommage.

Détour mortel

Une vraie grosse merde là où je ne l'attendais pas.

Le coût de la vie

Très, très bien. Un ton juste, une belle galerie de portraits, Luchini impeccable et, en ce qui me concerne, Lorant Deutsch et Isild Le Besco enfin supportables.

T3

Beaucoup d'effets spéciaux. Un scénario pourri. Seul point surprenant : pas de happy end pour un film pourtant 100% blockbuster hollywoodien.

Pirates des Caraïbes

Un véritable bijou ! À voir et à revoir sans modération aucune ! Keira Knightley est décidément très jolie, et ça fait bizarre de voir Orlando Bloom sans ses oreilles d'elfe (rappelons qu'il incarne Legolas dans la trilogie LOTR), mais surtout, surtout, un Johnny Depp qui crève l'écran comme jamais. Un véritable régal.

Tomb Raider, le berceau de la vie

On accumule les scènes d'action, on met Angelina Jolie bien en valeur, et on fait de jolis plans de-ci de-là. Mais le scénario reste surfait et rempli de clichés et de raccourcis faciles. Sans surprise.

Phone Game

Très, très bon thriller en forme de huis-clos pourtant sous les yeux de la foule. La voix de Donald Sutherland est parfaite au bout du fil, et Colin Farell est à la hauteur. Réjouissant.

Bruce Tout-Puissant

Un bon Jim Carrey, du niveau de Liar, Liar sans être un délire bien orchestré à la The Mask. Tout-à-fait divertissant. Et puis, ce n'est pas tous les jours que Dieu est noir.

Hero

Je l'avais vu avant en DVD import et n'ai pas pu aller le voir sur grand écran... Dommage, mais on m'en a dit beaucoup de bien. Et le DVD était excellent.

La ligue des Gentlemen extraordinaires

Très déçu. Une débauche d'effets spéciaux sur une idée originale intéressante, mais le résultat est lamentable. Aurait pu beaucoup mieux faire.

Kill Bill, volume 1

Tout le monde l'a vu sauf moi. Vite, il faut que j'y coure.

Mystic River

Pas vu non plus. Je vais devoir chopper le DivX. Ai eu autant de bonnes que de mauvaises critiques.

Anything else

Un Woody Allen inhabituel, puisqu'il n'a plus ici son rôle classique, et que c'est Jason Biggs qui prend sa place. Il le fait avec un brio indéniable (très agréable surprise ! On en veut encore !), tandis que Christina Ricci est parfaitement méprisable, Woody toujours paumé, et les personnages secondaires toujours aussi terribles. Pas aussi génial que, disons, le Sortilège du Scorpion de Jade, mais très sympathique quand même.

Tais-toi

Très drôle, sans être brillant. Un scénario qui brille plus par son humour pas si potache que par sa subtilité, mais on se laisse volontiers divertir.

Matrix Revolutions

Certains ont adoré, d'autres ont été déçus. J'étais de ces derniers. On peut argumenter de façon valable dans les deux sens. Question de perception et d'attentes, je suppose.

In the cut

Toujours pas vu, vite, vite !

Le monde de Nemo

Vu 2 fois au cinéma, 4 fois en DivX, et je ne m'en lasse pas. À mon sens le meilleur Pixar jamais sorti. Une merveille absolue.

S.W.A.T.

Un p'tit film d'action trop médiatisé. Le scénario est léger, les clichés abondent, Samuel L. Jackson fait encore une erreur de jugement et Colin Farell n'a rien à foutre là. En revanche, Michelle Rodriguez joue mieux que d'habitude. Divertissant mais sans plus, et ne supportera pas d'être revisionné à moins d'un ou deux ans d'intervalle.

Le Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi

J'avais revu les opus 1 et 2 en DivX "Extended Edition" qui, de fait, étaient plus détaillées que ce que j'avais vu en salle. Là-dessus, je vais avec ze voir la version longue du 2 quelques jours avant la sortie du 3. Et là, je constate encore bien 20' de différences avec mon DivX ! Rage et frustration ! Quant au 3, il est très bien, très impressionnant (jusqu'au cabotinage par moments), mais on attend impatiemment la version looooonnnnggguuue qui devrait, s'il y a une justice, lui rajouter encore bien 1h, pour une durée finale avoisinant les 4h30.

Master and Commander

Ne sortira qu'après-demain, mais ça promet grave.

lundi 29 décembre 2003

Ouh là, c'est allégé !

Pendant un temps qui reste indéterminé, le look de l'accueil EAPC et des listings de trackbacks va être pour le moins allégé (sans feuille de style), ce qui est la conséquence directe d'une bourritude de ma part : j'ai accidentellement effacé les bons templates.

Si quelqu'un avait encore une ancienne page dans son cache, quelque chose... Ce serait cool !

Players Wanted.

Décidément, même après une demi-douzaine de fois, The Game reste un super film qui poutre sa maman en sauce.

Evidemment, il faut dire que c'est réalisé par David Fincher (Alien 3, Se7en, Fight Club, Panic Room), avec comme acteurs, entre autres, Michael Douglas et Sean Penn.

Pour ceux qui aiment se faire avoir à répétition, être persuadés d'avoir tout compris pour se refaire entuber, encore et encore, ceux qui aiment les devinettes dans des énigmes dans des pièges dans des labyrinthes dans des stratégies, c'est un incontournable.

lundi 22 décembre 2003

Les brevets c'est mal

Surtout les brevets logiciels.
Bruce Perens est vachement fort pour expliquer pourquoi.

Mise à jour du 27/12/2003 : vu le nombre de retours que j'ai eu sur la question, j'ai pris un moment pour traduire ça à l'intention de ceux qui persistent à ne pas améliorer leur anglais. C'est ici que ça se passe.

dimanche 21 décembre 2003

Ayatollahs du code

Rien ne sert de le nier : j'ai aujourd'hui une réputation bien établie sur un sujet délicat.

Un de ces sujets où les opinions sont multiples, souvent tranchées, et généralement défendues avec véhémence, dans des débats quasi-religieux. Un domaine où nos points de vue ne peuvent généralement évoluer qu'à la faveur de l'expérience... Grâce ou à cause de cette réputation, certains m'admirent et d'autres me détestent. Je connais cette réputation et je l'assume. J'en suis même fier. Je la porte par-devers moi comme un panache.

Oui. C'est donc vrai. Je suis un intégriste technique. Je suis un obsessif-compulsif de la qualité du code.

Voilà 14 ans que j'ai commencé à coder. Et voilà 8 ans que je développe dans un contexte professionnel. La plus grande chance que j'ai eue, à cet égard, est sans doute d'avoir passé la première moitié de cette dernière période à baigner dans un grand bain de compétence et de rigueur. De 1996 à 1999, au travers des départements R&D de Cogi et de Borland (Scotts Valley, CA), je n'ai eu d'autre choix que d'apprendre des meilleurs.

Et cet apprentissage n'était pas exclusivement technique, loin s'en faut. Non, la vraie richesse qui m'a été transmise est celle qui ne s'acquière qu'aux tranchées, pour ainsi dire. Celle qui s'acquière à la dure, quand on ressent la brulûre qui résulte d'un travail mal fait qui nous revient en pleine face. Mais aussi lorsqu'on veut prouver sa valeur dans un environnement où tout le monde pond des joyaux de code tous les jours ou presque.

Ajoutez à cela le goût du formalisme, de la documentation et de la qualité qu'on infuse dans les bonnes formations de Génie Logiciel, et voilà un p'tit TDD.

Mais alors, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire, « intégriste technique »? Je vous accorde que cette locution convient à deux catégories de comportement.

La première ne me correspond pas : ce sont les fanatiques manichéens, ceux qui refusent de faire fonctionner leurs neurones et suivent une voie unique, sans réfléchir. On peur ici parler de foi, car leur passion n'est basée sur aucune preuve tangible, ou plus exactement, va a contrario de preuves tangibles.

Dans cette catégorie, on trouve ceux qui prônent la supériorité universelle d'un langage de programmation, par exemple (le cas le plus fréquent étant celui du C, suivi de près par le C++).

On y trouve aussi ceux qui rejettent Windows pour tout type d'utilisation, quel que soit l'usage, quel que soit le profil utilisateur, bref, quel que soit le contexte. Parce que c'est Microsoft, et que Microsoft c'est vilain. Poussez-les un peu et ils vous raconteront que Microsoft est dirigé par des aliens qui font des expériences sur les bébés et sacrifient des jeunes vierges dans les caves de Redmond. Jusqu'à récemment, MacOS était victime de ce genre d'archétype. Heureusement, depuis la sortie d'OSX et des outils de la suite iLife, on les entend de moins en moins.

On trouve aussi, à un moindre degré, mais hélas bien présents quoi qu'il en soit, les dévôts de Jakarta (les projets Java de l'Apache Group). Ceux-là vont se pâmer à la moindre sortie, sans réfléchir une seconde. C'est un mal dont souffre largement le monde Java, hélas : l'enthousiasme automatique. Et pourtant, pour une API intelligente qui sort, combien de dizaines d'étrons purulents ! Ainsi, on trouve des gens pour dire que des verrues abherrantes comme BeanShell ou BCEL, des châteaux de cartes gargantuesques comme commons-logging ou Maven, et des mammouths neuroleptiques comme JBoss sont le Saint-Graal fait code. J'en ai même croisé un vendredi, là où je ne l'attendais pas. Moi je dis, il y en a qui feraient bien de virer leurs œillères, d'arrêter de croire le Journal du Net ou Developpez.com et d'aller lire le Bile Blog régulièrement.

Mais enfin, ce n'est pas de cette catégorie-là que je veux vous parler. C'est de l'autre population qu'on qualifie d'intégristes du code. Celle à laquelle j'appartiens.

Ce sont ces gens qui refusent d'utiliser une technologie inappropriée pour la tâche à accomplir. Ceux qui refusent d'utiliser un outil bancal, une bibliothèque aux performances lamentables ou dont la liste de bugs ouverts ressemble à la bibliothèque du Congrès. Ceux qui sentent la moutarde leur monter au nez quand ils tombent sur du code qui viole 15 règles d'or du développement par ligne, du code qui hurle à la face du monde :« je n'ai pas lu la doc et je vous emmerde ! ,». Ceux qui voient la roue se faire réinventer (en moins bien) à chaque projet. Ceux qui n'aiment pas partir tête baissée dans le code. Ceux qui aiment découvrir de nouveaux langages, qui cherchent le langage, les algorithmes et les bibliothèques existantes et stables pour chaque problème à résoudre.

De tels intégristes ont pourtant souffert des pathologies usuelles du p'tit nouveau, comme tout le monde. Ils ont été, un jour lointain, d'authentiques script-kiddies. Quelles forces puissantes les ont donc rendues ainsi ?

La curiosité

À moins d'être à l'aise avec l'idée d'enfermer sa carrière dans une petite bulle de mono-compétence (ex. mainteneur d'applications bancaires en COBOL  à vie), on ne peut espérer une carrière intellectuellement satisfaisante sans faire preuve de curiosité.

C'est elle qui nous fait nous tenir au courant de ce qui sort. C'est elle qui nous donne envie de tester telle nouvelle plate-forme (ex. OSX, JDE), tel nouveau langage (ex. Haskell, Ruby), telle nouvelle-technologie (ex. JSP, WebServices, XSL:FO)... C'est elle qui nous amène à enrichir notre bagage, et donc notre compréhension globale du développement et notre capacité de compréhension globale.

Car croyez-le ou non, mais si vous avez déjà fait du C, du C++, du SmallTalk et de l'ADA, vous vous mettrez au Java en un rien de temps. Et non seulement ça, mais vous en sentirez mieux les avantages comme les limitations. Du coup, vous percevrez mieux les cas où son utilisation est le bon choix, et les cas où un autre direction est préférable. La vitesse d'apprentissage est toujours exponentielle : plus on en sait, plus il nous est facile d'apprendre.

L'ouverture d'esprit

C'est le complément essentiel à la curiosité, et ce qui distingue le premier profil d'intégristes techniques du second. Sans cette capacité à remettre ses affects techniques en question, votre curiosité sera fortement bridée. Vous ne jurez que par le C/UNIX ? Quel besoin d'aller découvrir Java, ou encore pire : Delphi ? De toutes façons, c'est de la merde ! Seul un bon Makefile et une libc sont dignes d'intérêt. Ah bon ?

On répète après moi : il n'y a pas de meilleur langage ; il n'y a pas qu'un seul OS valable ; il n'y a pas que de la daube qui infuse dans les labos Microsoft (je vous jure !) ; il n'y a que des cas concrets, et tel et tel meilleurs choix au cas par cas. Saurez-vous les distinguer intelligemment ?

L'amour-propre

Pour être un bon (une brute, une bête, une grosse bête, un demi-Dieu, un Dieu, un ze, un sebc, un Thorpe, un Knuth...), il faut toujours, toujours apprendre. Encore plus, encore davantage. Ah, oops, ce que vous aviez appris l'année passée à besoin d'être un peu révisé, on a fait mieux depuis, ici et là. Ah, vous êtes trop baleze en C/C++/shell/sed/UNIX (je ne pense à personne en particulier, ahem) ? Super, et si vous appreniez Java, Haskell et pourquoi pas Delphi maintenant ? Histoire d'élargir un peu vos horizons et votre perspective...

Tout ça est terriblement épuisant, et ça prend un temps démentiel. Si vous voyiez la taille de ma liste « à lire / à faire », vous seriez morts de rire (ou pleins de compassion, c'est selon). Et ça demande de la motivation, tout ça. Ne nous leurrons pas : notre meilleure source de motivation, c'est l'idée d'être dans les meilleurs, voire le/la meilleur(e). Leur foutre une grosse latte à tous ces nains ! Gniark !

L'humilité (?!)

Bon alors, faudrait savoir ? On se la pète ou on la joue profil bas ?

J'ai dit amour-propre, pas frime. Car voyez-vous, un mec dont tout le monde sait qu'il est bon, mais qui ne se la raconte pas (pire : qui vous aide et vous explique, carrément !), ça impressionne vachement plus qu'un mec qui est bon mais qui se la raconte (ex. Anders Hejlsberg, dans la série brutasse discrète). Et dans notre domaine si masculinisé, je vous dis même pas quand il s'agit d'une femme.

Qui plus est, si vous êtes si baleze, ça doit se savoir. Ça doit se voir : dans votre code, dans vos pages, sur votre CV, sur le Net... Il doit bien y avoir des traces ! S'il n'y en a pas, vous n'êtes baleze que dans votre tête. Or, on ne peut gagner ses galons de baleze qu'en se frottant au monde réel (voir point suivant), et ça, ça laisse des traces.

De sorte que ceux dont vous cherchez tant la reconnaissance (vos collègues, vos pairs, etc.) vont finir par remarquer votre nom ici et là. Ou tomber sur votre CV. Ou les deux. Ceux qui n'ont pas d'ego mal placé iront vous en demander plus, surtout si vous avez fait quelques trucs bien glamour (monté une start-up, bossé dans la Silicon Valley, participé à des grosses conférences, collaboré massivement à un gros projet Open-Source...). Là, vous pouvez vous la raconter : on vous le demande.

Le reste du temps, un profil bas est conseillé. N'oubliez pas l'axiome premier : aussi bon que vous soyiez, il y a quelque part quelqu'un qui vous enterre méchamment. Je vous le dis en connaissance de cause : ce genre de « rephasage » m'est tombé sur le coin de la gueule plus d'une fois. En arrivant à Cogi ; en arrivant à Borland ; en arrivant à Freesbee ; en faisant du C dans la même pièce que ze...

Et puis, l'humilité, c'est ce qui vous permettra de ne pas avoir de problèmes d'ego à aller poser les questions aux gens qui savent. Savoir dire « je ne sais pas » voire « je n'y connais absolument rien » est une grande, grande force.

Le feu de la bataille (a.k.a. ceci est un client)

La qualité du code, c'est souvent plein de détails qui semblent horriblement ennuyeux : de la conception en amont (alors que vous n'avez qu'une envie, vous jeter sur le clavier), de la documentation (alors que vous faites 3 fautes par mot et détestez écrire autre chose que du code), le respect d'une norme (grmbl), la connaissance approfondie des API existantes (quoi ?! Faut lire de la doc en plus ?!!!), et beaucoup de rigueur (meuuuuh, ça compile donc ça marche, non ?), surtout si vous touchez à des ressources critiques, à des pointeurs, et tous ces petits gobelins du développement.

Tout ça, c'est un peu l'inverse de la nature du développeur fou, qui prend son pied à pondre des lignes et adore se croire malin, donc recoder tout lui-même parce que d'abord. Hélas, si sacrifier la qualité peut passer inaperçu pour un petit script ou programme perso, ça ne pardonne pas dans la vraie vie : ce que vous écrivez part en production, pour le compte d'un client qui vous paye pour ça. Si ça ne marche pas, si ça tombe en panne, si ça rame, si ça ne fait pas exactement ce qu'on vous a demandé, vous allez vous brûler les ailes. Sévère.

Aller au front inculque la notion fondamentale de responsabilité que vous avez face à vos utilisateurs. Et face à vos mainteneurs. Cette responsabilité force à l'auto-discipline, et celle-ci rend possible le respect des points qui font la qualité. Toute l'astuce consiste à savoir en faire preuve même si, de prime abord, vous êtes votre seul utilisateur ou votre seul mainteneur. La vie est pleine de surprises.

Une certaine forme d'impatience

Oui. L'impatience envers ceux qui codent « sale » ; envers votre propre code pourri quand vous avez à le maintenir 6 mois plus tard ; envers l'ignorance, le mépris des docs, des normes, de l'ergonomie, de l'existant. Envers toutes les stratégies de l'autruche. Envers les esprits hermétiques et mono-obsessionnels. C'est elle qui vous amènera à vouloir faire mieux que tout ça. Là où le feu de la bataille vous enseigne la tempérance et l'art subtil du compromis, cette petite flamme vous évitera de tomber dans l'apathie.

Avant de conclure, je vous rassure tout de suite : j'appartiens à cette catégorie d'intégristes techniques, mais je n'en ai pas moins beaucoup de progrès à faire sur les points ci-dessus. Ceux d'entre vous qui me connaissent au quotidien le savent bien.

Alors, qui a raison, qui a tort ? C'est là un débat quasi-religieux. On peut tenir longtemps sur ce sujet. La réponse est à l'image de la vie, et de la réalité de l'industrie du développement : multiple, variable, dépendante du contexte. Il n'y a pas de suprématie, il n'y a pas (ou peu) de vérité. Il n'y a que la sagesse relative de l'expérience lorsqu'on a fait montre d'ouverture d'esprit, d'humilité, et d'adaptabilité. Et la volonté de toujours, toujours se remettre en question et rester au fait des nouvelles technologies.

Certains étudiants m'ont fait sourire en exprimant une admiration humble pour mon CV. À ceux-là comme aux autres, je dis : vous trouvez ça remarquable ? Il ne tient qu'à vous de faire pareil. Non. De faire mieux.

Ah tiens, la porte est déjà fermée en fait.

Vendredi était une journée chargée.

D'abord, j'ai dû me lever plus tôt que les 3 jours passés car j'avais une soutenance à 10h. Mais ça c'est bien, ça m'empêche de trop flemmasser le matin.

Une fois cela réglé, j'ai bossé toute la matinée, à finir des corrigés de projets, plans de cours et autres joyeusetés. Déjeuner à Ourcq avec ma Doudou, retour au boulot, taf, taf.

Vers 18h30, avec bien 30' d'avance, cérémonie de remise des diplômes pour nos chers 3e années sortants. J'y fais un saut le temps de la remise effective des diplômes, histoire de voir certain(e)s que j'aime bien récupérer le symbole tant espéré de 3 ans de boulot. Michaël n'était clairement pas au mieux de sa forme et accumulait les micro-bévues (petites bévues, ou bévues au micro, ou les deux) mais c'est pas grave. Loïc, major AII, a fait un discours précis/pointu/court très sympathique, et tout le monde s'est retrouvé au super buffet oriental géré par Saber, tandis que Michel Bonnet nous faisait goûter à sa légendaire Margarita (vache de bonne, et vache de dosée !).

Je prends le temps de féliciter nombre de diplômés, je discute avec certains, je découvre ahuri que Mantha est un des profs de Guillaume, le mec de Gaëlle, et je parle avec la mère de cette dernière du retour (hier) de son fils (de la mère, pas de Gaëlle) (donc le frère de Gaëlle) (suivez un peu, quoi !), le p'tit chéri tant attendu, exilé qu'il est au Québec.

Nous v'là autour de 19h30, la 1ère soirée du nouveau BDE ne démarrera qu'à 23h et je n'ai pas envie de rentrer chez moi. Je retourne donc à la Bulle. Manu m'y rejoint, ayant fini de faire semblant de s'empiffrer au buffet. Il termine 2–3 trucs et s'apprête à partir, pour finalement passer une grosse demi-heure assis sur un caisson à côté de mon bureau à papoter avec moi de gros trucs de nerd.

Je me remets à bosser. Allez hop, on finit ce foutu corrigé, quoi ! Alors, org.insia.ap.xiti.BrowserMapper... Làààààà... Nickel. Pendant ce temps, des rayons bizarres passent par les vitres. Le DJ règle ses jeux de lumière. À un moment, je me dis : « bon sang, y'a trop de bruit avec cette musique, je vais aller fermer la porte. ». Sauf qu'elle est déjà fermée. Ah, bon, tant pis.

Tout à coup, ze fait surface dans mon ICQ, et après quelques papotages je le convaincs de nous rejoindre, ce qui fera le bonheur des Ing1 et de quelques autres. Lorsque je vais signaler sa venue à Alexis du BDE, qui a la white list en main, emmitouflé dans un coupe-vent à la grille d'entrée, l'oreillette bien vissée au pavillon et deux molossesagents de sécurité à côté de lui, il me répond en se marrant : « mais t'es fou ? C'est ze ! Personne risque de le refouler ! ». Ah tiens, oui. J'avais oublié que ze était le root de tous ces gens-là.

La soirée démarre doucement. Les premières vagues de ce qui devrait tourner autour de 500 personnes affluent dans l'école transformée en boîte de nuit grâce à l'efficacité de l'équipe qui a joué de la perceuse, du chatterton et plus généralement du Système-D™ toute l'après-midi. Mes groupes d'Ing1 favoris sont venus, comme presque toute leur promo. Ce qui est plus bizarre, c'est de revoir autant d'Ing2 et d'Ing3 (on est plus habitué. Et de se dire qu'ils vont revenir pour la plupart le 05/01/2004 ; mais où va-t-on mettre tout ce monde ?!). Quant aux Ing3 sortants, la plupart sont restés après la remise des diplômes.

Constatation majeure : l'INSIA doit constituer au maximum 25% des présents. Déjà, il y a un nombre hallucinant de filles, facilement la moitié des personnes. Sans doute pas mal d'INSIAiens ont-ils fait comme Nadine, et rameuté une dizaine de personnes !

Le dance-floor était blindé tout du long, avec les « parenthèses » prises d'assaut comme podiums improvisés. Plusieurs étudiants, vétérans du voyage au ski en janvier dernier, m'ont tout de suite fait remarquer qu'il n'y avait—hélas !—pas de cage. Ce à quoi j'ai répondu que par conséquent, ils ne me verraient pas torse nu, non mais ! Le DJ était, quant à lui, sans commune mesure avec celui de Valmeinier, justement, et globalement tenait bien sa foule. Tout le monde, ou presque, a dansé.

Vers 3h du matin, je me suis eclipsé, alors que la fête battait encore son plein. Une fois dehors, j'ai perçu l'odeur entêtante de clope sur mes fringues, y compris la parka qui n'a que brièvement traversé cet espace tout à coup si enfumé. Le temps de passer place Franz Liszt retirer des thunes, et j'ai trouvé presque tout de suite un taxi qui m'a ramené chez moi en 10' à peine. Une douche bienfaisante, et dodo !

Au final, bonne ambiance et bon esprit. L'occasion de voir nos étudiant(e)s sortir leurs plus beaux atours, danser, voire tenter de draguer (avec plus ou moins de succès...). Bref, une soirée étudiante, quoi. À vue de nez, le BDE va dégager une jolie marge en prime, à en juger par le nombre de personnes, le vestiaire obligatoire, la densité moyenne au bar et les bouteilles achetées, fréquentes sur les tables de la cafet'. On la leur souhaite, en tout cas, histoire de les motiver pour de futures soirées et de leur alléger le poids du prochain voyage au ski.

Bravo à eux, et au plaisir de la prochaine.

lundi 15 décembre 2003

M. Toutlemonde

Ta femme change de prénom 5 fois par jour.
L'an passé, tu as acheté 1 487 voitures, systématiquement lors d'événéments promotionnels du constructeur, généralement en passant la nuit précédente devant la porte du concessionnaire ou en t'y rendant à cloche-pieds.
Tu préfères le saucisson aux noix.
Tu adores les sapins de Noël.
Tu as toujours des raisons improbables et biscornues de vouloir profiter des offres spéciales de ta grande surface. D'ailleurs, là aussi ta loyauté est contestable, car tu fais des énormes courses familiales matin et soir, jamais deux fois de suite au même endroit. Tu dois avoir une centaine de gamins.
Tu connais le prix au kilo de tous les articles.
Tu les trouves vraiment fort les nouveaux commerçants champions de l'achat gagnant avec leurs sacs durables et échangés.
Tu croises parfois Chevallier et Laspalès ou Daniel Prévost.
Tu as 4 téléphones chez chaque opérateur mobile, et tu es assez con pour rester chez Wanadoo alors que tu es aussi en dégroupé chez Free.
Tu n'as aucune honte à chantonner à tout va des slogans dont la débilité n'a d'égale que la pureté de la came que leurs auteurs publicistes ont reniflé la veille.
Oui, c'est bien de toi que je parle.
Toi, le type des pubs radio.

dimanche 7 décembre 2003

Look closer.

Le dimanche soir est toujours un moment particulier.

Ma doudou est repartie, au terme des 24h que nous passons ensemble, chaque semaine, du samedi soir au dimanche soir. On se voit entre-temps, bien entendu, mais ces 24h sont comme l'œil du cyclone : une parenthèse magique et paisible. Le bonheur tranquille d'être ensemble, tout simplement. Pas besoin de se lever le matin. On a l'impression que le monde nous appartient, et le champ des possibles s'étend tous azimuths.

Quelques minutes après son départ, c'est le contre-coup. La sensation de vide, la démotivation, l'impression d'irréalité. Les choses n'ont plus la même saveur, la même texture.

D'un côté, j'ai toujours envie de me mettre aux choses que j'aime faire sur mon temps libre et que j'ai mises de côté pour passer mon temps avec Elle : lire les blogs, lire mes abonnements (ex. Wired), avancer un peu mes projets perso, qui sont nombreux (ex. finir et mettre en ligne mon 2e blog, exclusivement orienté technos).

Et parallèlement, l'envie de retrouver des gens, de me perdre dans la compagnie d'autres personnes, pour échapper au vide que le départ de mon Amour me laisse. Mais là aussi, la motivation, sur l'instant, n'est pas si terrible. Il faudrait se bouger, se secouer, appeler, planifier, sortir, tout ça.

Les deux côtés du miroir se renvoient la balle, inlassablement. Lorsque l'un d'eux ne prend pas rapidement la victoire, c'est le casanier qui gagne, par défaut : à force de tergiverser, il est déjà 22h ou plus, on se lève tôt le lendemain et ce n'est plus une heure valable pour proposer un dîner à quelqu'un d'autre. Si l'envie de sortir gagne, je passe toujours un bon moment, mais malgré l'expérience de cela, c'est toujours la même histoire. Un peu comme les probabilités : obtenir 1000 fois de suite Pile en jouant à Pile ou Face n'influe en rien sur les chances d'obtenir Pile le coup d'après.

Un jour, si proche et si lointain, Doudou ne repartira pas le dimanche soir.

Ce jour-là, je serai entier.

mardi 2 décembre 2003

Il arrive !

Bientôt plus de catégorie "Techoss" dans ce blog...

Actually Lovely

Puisque l'avant-première était hier, ma Doudou et moi sommes allés d'un pas primesautier découvrir Love Actually, dont les bandes-annonces nous allaichaient depuis plusieurs semaines.

Oui, c'est une comédie romantique, et j'en connais qui me lisent dont les muscles faciaux tressaillent involontairement rien qu'à la mention de ce genre. Pour les autres, courrez donc voir ce petit bijou.

Le scénario, très juste, s'amuse à entrecroiser les vies de nombres d'individus, à la Magnolia (entre autres, mais c'est là que le genre s'est vraiment popularisé), tous à la recherche de l'amour suivant leurs propres critères, leur propre psyché, et leur propre libido. L'humour est très présent, le message général agréablement positif et les acteurs excellents.

Il faut dire que la distribution est impressionnante : Hugh Grant en Prime Minister esseulé, Allan Rickman en rédac'chef harcelé par sa vamp' de secrétaire tandis qu'il tombe en désamour de son Emma Thompson de femme, Colin Firth en écrivain trompé, Liam Neeson en veuf et beau-père attentionné... Tandis que Keira Knightley est l'objet de soupirs désespérés, qu'un jeune obsédé anglais rêve de se sauter des américaines, que deux doublures de nu au cinéma se rencontrent et qu'une soeur (trop ?) aimante met ses propres amours au second plan.

Un vrai rayon de soleil, à voir rapidement.

Amo Nemo, Nemo gnébo !

Vendredi je suis allé voir, avec ma Doudou et une impatience non dissimulée, le petit dernier de chez Pixar, j'ai nommé Nemo. Une fois passée l'amertume de ne pas avoir eu droit au traditionnel court-métrage en préambule (on se souvient avec émotion de For the birds qui précédait Monsters, Inc.), on s'émerveille toujours davantage du talent de ces p'tits Californiens surdoués.

Nemo porte toutes les marques du talent à la Pixar : un scénario bien foutu, riche en rebondissement, sympathique ; un humour omniprésent et qui a l'avantage remarquable de toujours fonctionner à plusieurs niveaux, du bambin au vieillard ; une qualité d'animation époustouflante...

Et sur ce dernier point, Nemo repousse à nouveau les limites connues. L'univers sous-marin est extraordinairement bien reconstitué. Et j'en sais quelque chose, j'ai fait beaucoup de plongée. Les mouvements, la dynamique en général, la lumière—et bien entendu, la finesse globale de rendu—sont à tomber par terre. Heureusement qu'on est déjà assis.

En voilà un que j'irai revoir sur grand écran, et qui va rejoindre ses prédécesseurs dans ma vidéothèque.