Inclassable depuis 1977. Sur le Web depuis 1995. Devant toi depuis 5 secondes.

Professionnel

Le détail de mes emplois passés et de mon occupation actuelle

[ Revenir à : Retour d'expérience ]

INstitut Supérieur d'Informatique Appliquée (INSIA)

30/09/2002–aujourd'hui

Je suis arrivé à la reprise d'INSIA pour en faire une école d'ingénierie informatique en alternance et la faire monter en puissance (il s'agissait auparavant d'une petite école d'ingénierie « appliquée », d'environ 100 étudiants).

À mon arrivée, mes collègues Emmanuel le Chevoir et Adrien Urban étaient déjà présents depuis un mois, travaillant activement à l'infrastructure technique du « nouvel INSIA ». Nous constituions la direction technique, mais aussi, à bien des égards, la direction pédagogique.

En moins de deux mois, nous avons dû mettre en place toute l'école, du parc machine au programme des cours. Nous enseignions l'essentiel des matières techniques, pour lesquels il a donc fallu produire le contenu des cours. Les semaines de 70h étaient courantes.

Aujourd'hui (octobre 2005), après de nombreuses réorganisations internes, au moins autant de déménagements (soupir) et quelques légères mutations de l'axe pédagogique, l'INSIA dispense des cours de qualité respectable (et même, parfois, excellente) à plus de 400 étudiants, répartis sur cinq années. Les deux dernières années offrent trois spécialisations possibles : SIGL, SRT et TRSE.

De mon côté, je suis membre de la direction technique (la « Bulle »), et responsable de la filière SIGL. À titre plus informel, je suis souvent en charge des développements applicatifs internes.

J'enseigne personnellement les cours de Delphi (BTS 1ère année), C++ (Ing1), et ceux autour de Java : J2SE et J2EE, que je maintiens à la pointe de ces technologies, et qui font partie des matières où j'aime à croire que l'INSIA se distingue particulièrement.

Des présentations mensuelles sur des technologies sympathiques, mais pas au programme faute de temps ou d'envergure, sont également prévues. Cette année (2005/2006), j'assurerai peut-être des interventions sur XML-XSL/T, Qt4, Ruby et Rails.

Architecte logiciel indépendant

01/10/2001–29/09/2002

Après le Posse, je n'avais pas envie d'intégrer une société, qui à mes yeux serait forcément moins intéressante, moins sympa, moins motivante. Le projet Comvivial était là, inachevé, suspendu, embêté. Yan Pierre le Luyer me contactait pour assurer l'architecture de ce qui allait devenir Spectaculaire!™... J'ai décidé de faire de l'architecture logicielle en indépendant.

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si, finalement, j'aurais mieux fait de faire autre chose, ou en tout cas de mieux choisir mes projets.

Je travaillais chez moi, dans la colocation de 90m² rue des Messageries. C'était super, mais ne pas avoir d'opinion technique externe signifie aussi que je ne suis pas toujours fier de ce que j'ai produit, surtout avec le recul.

Touchant de l'argent au titre de ces deux projets, je ne me suis pas tout de suite inscrit aux ASSEDIC. Le Posse a fermé en novembre, je me suis inscrit en avril. Je ne travaillais pas toujours régulièrement, et j'ai fini par en payer le prix, devant recourir à des périodes de bourre monstrueuses, engendrant un stress aux conséquences physiques (un zona avant la mise en ligne de Spectaculaire, par exemple). Comvivial a débordé en temps, et je n'ai pas pu être payé pour ça.

Et pendant ce temps, la responsable de Spectaculaire!™ prenait l'architecture que j'avais conçue, capable de faire tourner un site aussi riche que l'IMDb, et s'en servait pour produire un portail à peine mieux qu'une page perso.

Au final, j'ai gagné 80 000 FF pour 8 mois de boulot, qui totalisaient environ 1 600 heures-homme. Pour de l'indépendant, c'est ridicule. Le taux d'imposition seul revenait à avoir gagné à peine plus que le SMIG dans le cadre d'un CDI...

En somme, l'expérience a été décevante. Mais j'ai appris pas mal de choses, ça m'a mis du plomb dans la tête, et je suis content d'avoir tenté le coup. Je n'étais simplement pas prêt. Peut-être réessaierai-je un jour...

Posse42

01/07/2000–30/09/2001

Que du bonheur. Aujourd'hui encore, tous les 11 février (42e jour de l'année), la plupart des anciens employés se réunissent chez l'un des co-fondateurs, Guy Wiriath, pour célébrer la mémoire du Posse.

Fondé le 11 février 2000 par 21 associés, le Posse42 visait à cristalliser le savoir-faire, les moyens et l'expérience autour de projets variés, généralement sur le Web. On était en pleine Bulle Internet, mais le Posse42 n'avait pas les traits financiers d'une start-up : pas de jeunes loups aux dents longues, pas de vaporware (produits n'existant que dans Powerpoint ou une simulation en Flash), pas de levée de fonds scandaleuse ni de cash burning.

Financé entièrement par des fonds propres et les paiements de projets clientèle, payant tous ses employés au même salaire (12 500 FF net/mois), œuvrant dans une transparence interne et externe totale, le Posse42 regroupait une dizaine d'employés en CDI et jusqu'à une demi-douzaine de stagiaires (payés environ 3 000 FF net/mois). Lors des entretiens d'embauche, la question revenait sans cesse, surprenante et audacieuse : « si on vous prend, qu'avez-vous vraiment envie de faire ? ».

Le Posse42 avait deux filiales : FridayWare, qui gérait notamment le site très fréquenté MaxiChat et travaillait à Minissimo, un annuaire sélectif et rédactionnel de sites Internet ; et MP3Soleil, le premier éditeur musical entièrement numérique.

Nous travaillions étroitement (3m de distance) avec l'excellente Web Agency Aeternet, responsable notamment des sites officiels du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, de Vidocq et bien d'autres.

Le talent et l'énergie bouillonnaient. On venait au boulot en chantant, ou presque. 18 mois fabuleux, exhubérants, surprenants. Une expérience pour laquelle nombre des employés avaient lâché des CDI juteux, au moins deux fois mieux payés, dans des grosses boîtes. Une sorte de Xanadu du développement Web.

L'été et l'automne 2001 ont vu s'enchaîner les coups de pas de bol, et le Posse, qui devait lever des fonds pour assumer l'expansion que demandaient les contrats décrochés, s'est retrouvé en vue d'une impasse. Plutôt que d'entrer dans un cercle vicieux, l'équipe a préféré arrêter proprement, sans rien devoir à quiconque, même pas au fisc.

None Networks

25/05/1999–20/12/1999

En mai 1999, lors du déjeuner de finale Prologin, Guy Wiriath, fondateur du concours et fraîchement désigné pour sauver le développement du portail Freesbee.fr, est venu chercher une « Dream Team ». Le portail devait ouvrir officiellement le 15 juin, inaugurant ainsi le premier FAIG en France. Lorsqu'il est arrivé, strictement rien n'avait encore été fait.

Le lendemain, Sébastien Carlier, Mathias Hiron et moi-même allions visiter les locaux, et ressortions la bave aux lèvres, impressionnés par le cadre et tout particulièrement les salles machines. Nous avons donné notre accord, signé un contrat au travers de Cristal, la Junior Entreprise d'EPITA, et avons attaqué 3 semaines de dingue.

Nous arrivions en général vers 16h, pour repartir autour de 8h du matin. D'abord installés en plein milieu du plateau commercial, au 3e étage, nous détonnions dans le paysage. Avoir Sébastien avec nous était la clef du succès.

Nous devions fournir une architecture modulaire de portail entièrement basée sur les servlets et JSP, deux technologies J2EE alors en phase beta ! Aucun portail en Europe n'osait encore s'en servir. Les serveurs disponibles étaient eux-mêmes en beta, comme beaucoup d'autres services. Nous passions nos nuits à concevoir l'architecture, et à implémenter à fond les ballons. Les flux d'informations venaient d'une quinzaine de partenaires (AFP, Météo France, Sport24...) dans des formats totalement hétéroclites et à des fréquences variées.

Le 15 juin au matin, lors de la conférence de presse, le prototype fonctionnait. Le soir, lors de l'énorme fête de lancement (budget colossal, ambiance hallucinante), le site était en ligne.

Sébastien est resté en juillet pour m'aider à pondre une refonte complète de l'architecture, moins contrainte par les échéances. Je suis resté jusqu'en décembre, à raison de deux jours par semaine (quatre pour Cogisoft, un pour les soutenances à EPITA), pour pondre une version 2.0 et transférer les compétences aux développeurs canadiens qui allaient reprendre le code.

Gros moyens, bon salaire, équipe internationale blindée de gens brillants, contraintes énormes et échéances délirantes, projet techniquement très sexy : plein de bons souvenirs !

Borland (USA)

01/10/1998–15/01/1999

Non mais quel gros pied velu ! J'ai fait des pieds et des mains pendant des mois pour décrocher ce job chez Borland, la maison-mère à Scotts Valley, Californie. J'ai tanné Charlie Calvert, puis Anneke Leigh par courriel. J'ai passé deux entretiens téléphoniques avec Anders Ohlsson (Tech) et Christopher Jones (Management). J'ai rempli des tonnes de paperasses avec le CIEE et l'ambassade des USA. Mais bon sang, ce que ça valait le coup !

Bosser là-bas, pour moi c'était un peu comme me retrouver simple mortel à fouler le sommet du Mont Olympe. Mes collègues avaient écrit des bouquins que j'avais lus, voire révisés techniquement pour la VF. À l'étage, les plaques aux portes des bureaux portaient les noms de Charles Jazdzewski, Danny Thorpe, Bruneau Babet... Pour moi, cela aurait aussi bien pu être Zeus, Apollon, Hermes... Ces mecs étaient mes dieux personnels.

Le bon côté, c'est que j'avais pris le melon en France et que ça m'a permis de me prendre une bonne grosse baffe bien sonore et de retrouver un peu d'humilité. En revanche, ça m'a tellement motivé que je me suis déchiré et j'ai commencé à aligner les records de progression hiérarchique...

Arrivé au support technique dévelopeurs Delphi (« Delphi DS »), je n'ai été supervisé que 2 jours, balancé directement en Tier 1 sans passer par Up And Running, chargé de créer un programme de formation interne sur Delphi, et propulsé en Tier 2 (à peine 3 personnes avant que je n'arrive) au bout de seulement un mois, quand la moyenne est d'un an et demi. Quelques semaines plus tard, je commençais à fricoter avec l'équipe R&D. Aujourd'hui encore, il m'arrive d'échanger des courriels avec Danny Thorpe, sans aucun doute l'ingénieur le plus brillant chez Borland depuis qu'Anders Hejlsberg est parti. Un type qui sort un portage Linux complet du compilateur Delphi à peine un an après avoir lancé un Linux pour la première fois.

Mais rassurez-vous : je n'ai jamais perdu de vue qu'il existe, concrètement, en vrai, sans blague, des gens tellement plus baleses que moi... Rien qu'entre Sébastien Carlier et Danny Thorpe, je peux aller me rhabiller. Seulement voilà, bosser avec eux, c'est quand même trop le pied :-)

Cogisoft

16/01/1996–30/06/2000

J'ai intégré Cogisoft le 16 janvier 1996 au soir. Ce fut ma première véritable boîte, mon premier vrai job (même s'il n'a été effectué qu'au travers de conventions de stage sans cesse renouvellées).

En arrivant, je connaissais simplement Delphi de nom, mais j'avais 4 ans de Turbo Pascal intensif derrière moi, et j'étais habitué au développement objet. Cogisoft était leader en France, et à bien des égards en Europe, sur les produits Borland. Julien Brunet m'avait remarqué à l'EPITA. J'ai commencé par filer des coups de main sur le projet Bodet, la boîte spécialisée dans la gestion du temps qui fait, entre autres choses, des badgeuses et les affichages horaires du RER. Devenant l'assistant de Julien, j'ai vite dû m'immerger dans le développement de composants Delphi. En quelques mois, j'étais bien intégré dans l'équipe et je développais beaucoup.

J'ai alors commencé à dispenser les formations, autre activité majeure de la société. D'abord la formation certifiée Borland, puis les formations avancées en développement bases de données, création de composants, etc.

À l'automne suivant, j'ai commencé à beaucoup bosser avec Jérôme Vollet. Microsoft lançait son modèle COM, et Jérôme me chargeait de la R&D pour produire un système de composants SGBD pour client léger, passant par COM pour accéder à un serveur métier. En interne, nous développions l'équivalent de ce qui allait sortir, presque un an plus tard, dans Delphi 3 : le DataBroker. C'est là que j'ai vraiment commencé à adorer le boulot. J'étais une ombre à l'école, hagard de nuits passées à coder jusqu'à 3h ou 4h du matin. J'avais 19 ans.

Le 4 novembre 1997, j'avais acquis suffisamment de poids pour être chargé des 2 principales sessions données par Cogisoft dans le cadre de la Conférence Borland Développeurs France (BorCon97-Fr), à l'espace Cap15, près de la Tour Eiffel. Je faisais chaque session 2 fois (une fois par jour). La première détaillait les subtilités des Cached Updates, la seconde présentait en détails le DataBroker. À ce moment-là, personne en Europe ne maîtrisait bien cette techno qui s'annonçait très prometteuse. Aucun bouquin détaillé n'était encore sorti en français, et peu en anglais.

Le premier jour, j'ai eu une forte audience. Le second, la salle était bondée : des gens debout, assis dans les allées, au bord de l'estrade, adossés au mur... Des auteurs réguliers de bouquins Delphi dans l'assistance, ainsi que Charlie Calvert, le responsable Relations Développeurs de la maison mère Borland, aux USA. Et une ovation debout en fin de session. La veille était sorti, et promu dans la conférence, l'ouvrage Delphi 3 Secrets d'Expert, que Christophe Menet et moi-même avions révisé techniquement pour la VF. Mon nom était sur la couverture. Le même jour, j'avais 20 ans.

C'est pour des moments comme ceux-là que « Cogi » a été une expérience extraordinaire. L'ambiance en R&D était à tout casser. On était réellement à la pointe, et mes compétences gonflaient sans cesse.

En 1998, j'ai passé l'essentiel de mon temps à co-écrire avec Christophe Menet les nouveaux manuels de formations avancées (notamment sur le Client/Serveur et la création de composants), à dispenser ces formations (j'ai accumulé, au total, plus de 3 000 heures en tant que formateur professionnel), et à bosser sur divers projets R&D. Le 29 septembre, je m'envolais pour les USA, bosser quelques mois chez Borland (voir section précédente).

À mon retour, je laissais Cogisoft de côté jusqu'en juillet, où je recommençais graduellement à bosser pour eux. En septembre, alors que j'envisageais de m'installer à Santa Cruz pour bosser en CDI pour Borland US, le directeur de Cogisoft, Ivan Becerril, me promit monts et merveilles pour l'avenir de la technologie que nous étions en train de développer à plein gaz : Delos. Il me jura de l'évangélisation US. Je restais.

À partir de là, tout a commencé à s'effriter. Delos se portait très bien, j'y veillais particulièrement, étant responsable de près de la moitié des modules. Mais les promesses s'évaporaient et étaient remplacées par toujours plus de promesses. Avec d'autres membres de la R&D, on commence alors à jeter des coups d'œil dans les tripes de la boîte, et on aime pas vraiment ce qu'on voit. Je n'entre pas dans les détails, mais très vite, via courriels internes cryptés, on convient de se barrer prochainement, notre éthique étant gênée par ce qu'on voyait croître. Moi, à la fin de mon ultime convention de stage, le 30 juin. Eux, durant l'été. En apprenant mon départ (un mois à l'avance), Ivan me fait une scène. Je ne recevrai pas mon salaire du mois de juin (19KF). Lorsque les autres moteurs de la R&D partirent, en juillet puis août, l'activité de Cogisoft se figea presque, le temps de renflouer les bancs à coup de stagiaires naïfs.

Et aujourd'hui, on peut toujours lire monts et merveilles sur e-Delos. Que c'est une boîte US (allez donc vérifier sur place !), peuplées de gens merveilleux (Kee Wee et John Colomb, par exemple ; soustrayez un à chaque initiale, et regardez de qui on parle), qu'on est à la v10 de e-Delos (peu importe que le site US n'a pas bougé depuis 2000, c'est-à-dire depuis que j'y ai touché pour la dernière fois, et que la seule activité se trouve chez le « distributeur exclusif », Delos France (URL : cogisoft.fr).

Contrat Creative Commons
Ce site est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.