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Prescripteur

Un tour d'horizon des logiciels, bouquins, films, etc. que j'adore

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Logiciels

Je suis tout le temps sous Linux, mais lorsque je me retrouve sur un Windows, j'aime avoir certains logiciels sous la main. Les "Linuxiens" ont l'habitude d'aller fouiller leurs dépôts et les référentiels en ligne à la recherche de bons logiciels, aussi je liste ci-dessous des « incontournables » soit multi-plateformes, soit seulement sous Windows.

Dans la liste ci-dessous, quand un logiciel est indiqué comme existant sur « Linux/Windows/Mac... », il est généralement disponible aussi sur Unix (notamment BSD), Solaris, et parfois bien d'autres plates-formes encore (ex. BeOS).

Vous ne savez pas très bien ce qu'est un logiciel libre ? Allez donc apprendre quelque chose sur Wikipedia.

Téléchargez Firefox !
Mozilla Firefox

Site officiel de Firefox · Linux/Windows/Mac... · Navigateur Web

LE navigateur qui monte, qui monte... Si vous en avez assez d'Internet Explorer, que ce soit à cause de son manque flagrant de support pour les standards du Web, de ses centaines de failles et bogues, ou de sa pauvreté fonctionnelle (pas de navigation par onglets, pas de mécanisme simple d'extensions, pas de personnalisation visuelle, pas de blocage intelligent des fenêtres surgissantes, gestion minimaliste des cookies et données de formulaires...), voici votre réponse !

On ne parle plus que de Firefox, et c'est bien normal. Avec plus de 100 millions de téléchargements (sur les seuls sites officiels !) en à peine un an, et jusqu'à 30% de parts de marché dans certains pays, c'est le navigateur qui vous redonne le choix, qui vous montre la différence, bref, qui améliore votre rapport à l'Internet.

Infos pour les pays d'Europe : Mozilla Europe. Une question, un souci ? Geckozone. Envie de vous mettre aux technologies Web ? OpenWeb.

Téléchargez Thunderbird !
Mozilla Thunderbird

Site officiel de Thundebird · Linux/Windows/Mac... · Messagerie (courriel, newsgroups, blogs/RSS)

Un très bon client de messagerie, toujours par la Mozilla Foundation. Thunderbird se distingue principalement par sa gestion du spam (courriels non sollicités), son excellent support des identités multiples (pas seulement des comptes multiples, attention : des identités multiples par compte, ce qui arrive quand plusieurs adresses très différentes arrivent au final sur la même boîte), et son support natif des flux RSS, qui servent notamment aux blogs (ou weblogs) et aux portails d'information.

Tout comme Firefox, Thunderbird dispose d'un système avancé de thèmes (aspect visuel) et d'extensions (fonctionnalités supplémentaires). J'utilise notamment Enigmail, une extension permettant d'intégrer les capacités de chiffrement et d'encryption de GnuPG directement dans mes courriels.

Et bien entendu, Thunderbird est capable d'importer en un clin d'œil vos données courriel existantes (messages, dossiers, paramètres de compte, carnets d'adresse) depuis les principaux logiciels du marché (notamment Outlook, Outlook Express et Eudora).

Téléchargez Gaim !
Gaim

Site officiel de Gaim · Linux/Windows/Mac... · Messagerie instantanée (IM): ICQ, MSN, Jabber, AIM, IRC...

Mon logiciel de messagerie instantanée favori. 100% libre, disponible sur de nombreuses plates-formes (dont Windows, Linux et Mac, ce qui me le rend tout de suite très sympathique), il gère de très nombreux protocoles (ICQ, MSN, AIM/iChat, Jabber/XMPP...). Raisonnablement léger, Gaim permet de gérer très facilement de multiples comptes et profils, notamment quand des utilisateurs ont des sessions ouvertes simultanément sur un même poste.

Gaim dispose d'un énorme choix d'habillages graphiques (thèmes) et de fonctionnalités optionnelles (plug-ins), pour les fans de personnalisation.

Téléchargez OpenOffice.org !
OpenOffice.org

Site officiel d'OpenOffice.org · Linux/Windows/Mac... · Suite bureautique complète

Aujourd'hui, lorsqu'il s'agit de produire des documents bureautiques (lettre, rapport, note, publipostage, tableaux, graphiques, diaporamas...) pratiquement tout le monde utilise MS Office. Cette suite bureautique monopolise un peu le marché, et ce alors qu'elle coûte très cher et que ses formats sont propriétaires et fermés (même les derniers à la sauce XML, si, si).

Afin d'ouvrir le monde bureautique, il existe OpenOffice.org, qui est une suite bureautique libre (et donc gratuite) de très grande qualité, intuitive à l'utilisation, dotée de formats réellement ouverts, ayant souvent davantage de fonctions que son homologue commercial, notamment autour de petites touches très appréciées comme : l'export qualitatif de tout document vers le format Acrobat (PDF), des fichiers tout petits et véritablement sécurisés si besoin, l'export de présentations aux formats Flash et SVG, la disponibilité en plus de 100 langues...

Cerise sur le gâteau, OpenOffice.org est capable de lire les documents MS Office, et si nécessaire de sauvegarder ses propres documents dans ces mêmes formats.

De plus en plus de grands comptes (plusieurs dizaines de milliers de postes) passent à OpenOffice, notamment dans les bureaux gouvernementaux qui ont le devoir d'utiliser des formats pérennes, fiables et transparents pour éviter de voir leurs archives nationales devenir inutilisables à la suite d'une décision d'un unique fournisseur souverain. Essayez-le ! La version 2.0, qui sort à l'automne 2005, est dotée de très nombreuses fonctionnalités supplémentaires très attendues (véritable gestion de bases de données, formats encore plus ouverts, support XForms, et bien d'autres choses encore).

Téléchargez Inkscape !
Inkscape

Site officiel d'Inkscape · Linux/Windows/Mac... · Dessin vectoriel

Vous pensiez qu'à défaut d'acheter une coûteuse license Adobe Illustrator, vous ne pourriez décidément pas accéder au monde merveilleux de la création graphique vectorielle ? Détrompez-vous ! Inkscape est là.

C'est l'outil favori de la communauté libre, et il sert désormais à créer de très nombreux éléments, icônes, logos et graphiques pour des projets comme KDE, Gnome, OpenOffice.org et de nombreux sites Web. Un aperçu des possibilités vous laissera tout ébahi(e).

Disposant d'une documentation complète et de plusieurs didacticiels, le logiciel est plutôt facile à prendre en main. Avantage majeur : son format de fichier est le standard ouvert SVG, ce qui le rend interopérable avec un très grand nombre d'applications, et permet la visualisation des dessins dans certains navigateurs modernes (ex. Mozilla Firefox 1.1), sans nécessiter de plug-in. Par ailleurs, si vous avez besoin d'obtenir le résultat sous forme plus classique, Inkscape se fera un plaisir d'exporter votre travail au format PNG, le format de référence pour les images bitmap.

Téléchargez The Gimp !
The Gimp

Site officiel de Gimp · Linux/Windows/Mac... · Retouche d'image

Vous trépignez devant les limitations de Paint Shop Pro ? Vous n'êtes carrément pas chanceux, et n'avez que Paint ou MS Imaging sous la main ? Le logiciel de retouche fourni avec votre appareil numérique vous deséspère ? Pas de panique, il y a Gimp !

The Gimp est l'équivalent (voire mieux) libre du célèbre Adobe Photoshop : un logiciel particulièrement puissant de retouche d'image. Gimp gère de nombreux formats d'image et fournit une palette très étendue d'effets, de retouches et de corrections qui en font un outil adapté tant pour l'amateur que pour le professionnel chevronné.

Par ailleurs, le logiciel est plus léger que ses homologues commerciaux. Diverses extensions existent pour compléter ses fonctions, si elles ne vous satisfaisaient pas complètement (ah bon ?!). Enfin, il dispose d'une documentation très complète et en français, ainsi que de nombreux didacticiels pour tous niveaux.

Téléchargez VLC media player !
VLC media player

Site officiel de VLC · Linux/Windows/Mac... · Lecteur multimédia

Un petit lecteur multimédia tout léger que j'utilise principalement sous Windows (sous Linux, l'adepte du contrôle au clavier que je suis apprécie encore plus xine), et en particulier pour les vidéos. Quel que soit le format (à l'exception des derniers verrouillages commerciaux du format Windows Media), ça le lit convenablement. Les supports physiques tels que DVD, SVCD ou DV (en plus du simple CD, bien entendu) sont pris en charge. Même les vieux formats du temps du DOS (ex. FLI) et les formats classiquements « réservés », comme Apple QuickTime, sont gérés.

Pour vos fichiers vidéo numériques, la plupart des formats de sous-titres sont reconnus. Et puis ça gère les fichiers audio, mais là je préfère WinAmp (ou sous Linux, Amarok).

Je m'en sers aussi pour lire certains DVD dont la protection contre la copie (cette saloperie mal ficelée qui empêche les consommateurs légaux de lire leurs DVD achetés, mais n'arrête clairement pas les vrais pirates) les rend illisibles dans mon PowerDVD (qu'est-ce que je disais ?).

Téléchargez WinAmp !
WinAmp

Site officiel de WinAmp · Windows · Lecteur audio

Ai-je vraiment besoin de présenter WinAmp ? Il est là depuis toujours, ou presque... Depuis le petit lecteur essentiellement MP3, dont l'apparence et l'organisation ont depuis été copiés par un peu tout le monde, et après une étape malheureuse à la version 3, il a repris ses esprits en version 5.

WinAmp, toujours disponible gratuitement dans sa version de base (mais quelle base !), gère à peu près tous les formats audio connus (plus de 50), et se révèle à nouveau léger et simple d'emploi (la v3 était atroce), tant qu'on a pas l'idée d'y coller des apparences (skins) trop délirantes.

Pour les amateurs, il dispose toujours d'un support excellent pour les visualisations (ces animations à l'écran qui suivent la mélodie de ce que vous écoutez), et d'une batterie d'exemples hypnotiques, sans parler de la riche bibliothèque disponible en ligne.

Téléchargez Stickies !
Stickies

Site officiel de Stickies · Windows · Post-it™ électroniques

Lorsqu'on regardait mon écran Windows pour la première fois, on me demandait presque immanquablement, en remarquant ces espèces de Post-It™ collés en haut à droite de mon bureau : « hey ! C'est quoi ça, c'est cool ! ».

Il existe bien des programmes offrant ce genre de fonctions, mais le Stickies de Tom Revell est de loin mon préféré. En plus d'être gratuit, il offre non seulement les fonctions de base qu'on attend d'un programme de notes, mais aussi pas mal de fonctions avancées (masquage temporaire / apparition retardée, partage de notes entre plusieurs postes, envoi de courriels, styles, et j'en passe). Et pour couronner le tout, c'est très léger.

Bouquins

J'ai lu tous ces bouquins dans la langue d'origine, le plus souvent l'anglais. Je ne peux donc pas me porter garant de la qualité de leur traduction. Toutefois, à l'usage de ceux qui sont tristement anglophobes, j'ai mis, chaque fois que possible, les liens vers les fiches Amazon.fr des deux versions.

Le cycle d'Ender

Site officiel du cycle d'Ender · SF · Orson Scott Card

J'ai découvert Ender en 1999, au travers du premier tome. Je ne connaissais pas alors Orson Scott Card, et j'ai été impressionné par la facilité avec laquelle l'histoire m'a happé, et la force presque irrésistible qui me faisait tourner la page encore et encore...

À l'origine une nouvelle, la première que Card ait publié, Ender's Game est finalement devenu son premier roman, et a remporté le Hugo et le Nebula. C'est un incontournable absolu. Les trois suivants sont bons mais beaucoup moins plongés dans l'action. Le tome 5, sorti bien plus récemment, est un complément génial au premier, et les tomes 6 à 8 suivent Bean, cet autre personnage-phare du cycle.

Quelle est l'histoire de Ender's Game ? Dans un futur pas si lointain, l'Humanité a dû se coaliser complètement, sous l'égide d'un gouvernement mondial, pour faire face à deux invasions successives d'une espèce extra-terrestre à forme insectoïde. En prévision d'une troisième et finale invasion, les militaires ont créé une un ensemble d'écoles de combat, de stratégie et de commandement dans l'espace, et surveillent rigoureusement tous les enfants dès leur naissance pour détecter ceux les plus à même de leur apporter, une fois entraînés pendant une dizaine d'année, la victoire décisive. C'est la course aux génies.

Le bouquin se passe presque intégralement dans l'espace, d'abord dans l'école de combat, puis dans l'école de commandement. On est, tout du long, au-dessus de l'épaule d'Ender, le génie, le plus brillant, le plus solide, le plus impressionnant. Mais aussi un gosse de même pas 10 ans. Un gosse qui n'a pas droit à son enfance.

Le tome 5 déplace le projecteur vers Bean, un personnage important dans le premier volume, qui devient le second d'Ender. Mais peut-être justement, n'est-il pas si second que ça. Après l'origine de Bean, le livre raconte la vie dans ces écoles, et les événements qui s'y passent lors du premier volume, mais du point de vue de Bean, qui comprend tellement de choses tellement vite. Une excellente lecture juste après le premier tome.

Les titres suffisamment récents sont très joliment publiés chez Atalante.

Titres :

  1. Ender's Game / La stragégie Ender
  2. Speaker for the Dead / La voix des morts
  3. Xenocide / Xénocide
  4. Children of the Mind / Les enfants de l'esprit
  5. Ender's Shadow / La stratégie de l'ombre
  6. Shadow of the Hegemon / L'ombre de l'Hégémon
  7. Shadow Puppets / Les marionnettes de l'ombre
  8. Shadow of the Giant
Le cycle d'Alvin le Faiseur

Site officiel du cycle d'Alvin · Folk Fantasy · Orson Scott Card

Alvin, c'est une variation rafraîchissante de la fantasy, qui sort des dragons et des sorciers pour mélanger allègrement histoire de l'Amérique du Nord, folklore des premiers immigrants, et une touche de surnaturel.

Alvin est le septième fils d'un septième fils, doté de certains pouvoirs impressionnants, qu'il ne comprend pas tout de suite. Il est un créateur, qu'il s'agisse de petits paniers tressés en brins d'herbe, de maisons ou d'un soc de charrue en or vivant. Il sera accompagné, dès sa naissance, par Peggy, une « torche », capable de pressentir les futurs possibles de chacun et de lire dans le cœur des gens.

Tout au long de son périple, Alvin devra se battre contre ceux manipulés par le destructeur, une force maléfique qui s'oppose directement au pouvoir de création et de réparation d'Alvin. Il ira chez les Indiens d'Amérique et découvrira leur rapport intime à la Nature, en découdra avec les esclavagistes, rencontrera de nombreux êtres à part, bons et mauvais.

Un vrai moment de plaisir, très bien écrit, comme toujours avec Card.

Les titres suffisamment récents sont très joliment publiés chez Atalante.

Titres :

  1. Seventh Son / Septième fils
  2. Red Prophet / Le prophète rouge
  3. Prentice Alvin / L'apprenti
  4. Alvin Journeyman / Le compagnon
  5. Heartfire / Flammes de vie
  6. The Crystal City / La cité de cristal
Le cycle des Cantos d'Hyperion

Site officiel des Cantos · SF · Dan Simmons

L'un des tous premiers cycles de SF que j'ai lus en version originale. Mais à l'époque, mon niveau d'anglais n'était pas ce qu'il est aujourd'hui, et j'en avais donc gardé un souvenir mitigé. J'avais trouvé l'entreprise ambitieuse (nombre de personnages, d'innovations technologiques, de questions métaphysiques et de rapports aux diverses cultures et religions actuelles...) et plutôt bien exécutée, mais je n'avais pas pris beaucoup de plaisir à lire, étant quelque peu freiné par mon niveau.

Il y a environ un mois, je ne sais trop pourquoi, j'ai repris le 3e volume, Endymion. Je me suis retrouvé à dévorer ce bouquin et le volume suivant. Mais alors, dévorer. J'étais tellement emballé que j'ai fait de l'univers des Cantos le théâtre du projet J2EE métier que je viens de lancer pour les dernières années SIGL à l'INSIA !

Le cycle est découpé en deux parties : les volumes 1 et 2 ont lieu pendant l'Hégémonie, une sorte de civilisation interstellaire d'origine terrienne aux communications et transports instantanés grâce à des technologies particulièrement puissantes développées par un immense collège d'IA en réseau appelé The Core. Une troupe éclectique de personnages fait un nouveau pèlerinage sur les Time Tombs, situées sur la planète Hyperion, et leurs histoires respectives les amènent à comprendre qu'il y a, comme dirait l'autre, baleine sous gravier dans tout ce bel ordre établi.

La seconde partie du cycle a lieu plusieurs siècles après ces événements, alors que l'instantanéité des transports et communications n'existe plus. L'église catholique, tombée par le passé en désuétude, a découvert les cruciformes, des symbiotes qu'il est possible de greffer sur les humains pour leur fournir la résurrection physique, et non plus seulement spirituelle. En somme, presque l'immortalité. Résultat : l'église est devenue presque toute-puissante, et se comporte comme telle, avec nombre d'organismes militaires pour asseoir son autorité.

Mais une enfant, Aenea, fille d'une des pèlerins et d'un cybride, sorte de passerelle entre l'univers IA et l'Humanité, peut tout faire basculer, et amener les humains à leur prochain stade d'évolution, en renversant notamment l'autorité tyrannique de l'église, qui n'est visiblement qu'un pion à la solde d'une entité impitoyable et terriblement puissante. Elle va être aidée, pendant la décennie sur laquelle se déroulent les deux bouquins (avec quelques ellispes), par Raul Endymion, type courageux, simple et un peu paumé dans tout ça, mais le véritable héros de l'histoire (les deux tomes sont racontés par Raul, à la première personne).

L'univers de ce cycle est vraiment intéressant, et je recommande tout particulièrement la seconde partie. Toutefois, elle est un peu difficile à comprendre sans avoir lu la première. Mais rassurez-vous : on n'est pas ici dans une configuration Seigneur des Anneaux, où les 300 premières pages sont nécessaires mais d'un ennui prodigieux. La première partie du cycle ne vaut pas, à mon sens, la seconde, mais reste agréable.

L'édition française a divisé chaque titre en 2 tomes.

Titres :

  1. Hyperion / Hypérion
  2. The Fall of Hyperion / La chute d'Hypérion
  3. Endymion / Endymion
  4. The Rise of Endymion / L'Eveil d'Endymion
Tous les bouquins de Neal Stephenson

Site officiel de Neal Stephenson · SF/Aventure/Tech/Historique · Neal Stephenson

Neal Stephenson... Sans doute mon auteur préféré avec Orson Scott Card. Geek fini, érudit invraisemblable, doté d'un humour incisif, Neal écrit de tout et le fait bien.

Pour découvrir Stephenson sans risque, le mieux est de récupérer Zodiac. Ce petit roman est un eco-thriller situé principalement à Boston et aux alentours. Lé héros, Sangamon Taylor, est un brillant chimiste qui a quitté l'univers corporatiste pour devenir, en quelque sorte, le chef des opérations commando d'une ONG écologiste. Le roman est constellé de petites intrigues annexes intéressantes, comiques, ubuesques. Mais l'intrigue principale ne se relâche jamais, et on est plongé (littéralement) dans des magouilles toxiques entre grosse industrie et labos pharmaceutiques assoifés de fric. L'humour à la Stephenson est très présent, et on comprend avec quelle facilité il peut expliquer au tout-venant des concepts parfois très techniques, comme la notion de chlore covalent/hexavalent, au détour d'une conversation à coup de packs de bière.

Si Zodiac a plu, je recommande de se jeter sur Snow Crash et The Diamond Age, qui restent d'un volume abordable, et mélangent un nombre incroyable d'informations, de domaines scientifiques et d'idées délirantes en un cocktail très réussi. Notez que les deux bouquins n'ont aucun rapport. Le premier explore l'interface Homme/Machine, la réalité virtuelle et les structures profondes du cortex, tout ça blindé de moments hilarants. Le second décrit l'outil pédagogique ultime, dans une société où la construction nanotechnologique, à l'échelle moléculaire, est aussi banale qu'un steak-frites.

Enfin, les fans de l'auteur attaqueront avec courage ses pavés : l'exceptionnel Cryptonomicon d'abord, d'une envergure incroyable, qui mène en parallèle deux aventures passionnantes dans l'univers des trésors et de la cryptographie, l'une durant la Seconde Guerre Mondiale et l'autre dans les années 1980. Cerise sur le gâteau, les protagonistes de la première sont les grands-parents de ceux de la seconde.

Dernière parution en date : le travail de titan qui a permis de produire, à six mois d'intervalle et à l'issue de près de 10 ans de boulot, le monument du Cycle Baroque : trois ouvrages qui ne sont qu'une seule et même histoire, et nous plongent jusqu'aux cheveux dans le bouillonnement intellectuel et scientifique qui a secoué l'Europe de 1650 et 1720 (environ), avec quelques passages dans des contrées lointaines et exotiques pour faire bonne mesure. Le cycle mêle avec brio Histoire et fiction, et malgré quelques lenteurs (inévitables sur plus de 3 000 pages d'anglais écrit petit !) reste une merveille.

Cryptonomicon n'est disponible en français qu'en 3 tomes. Le volume impressionnant du cycle baroque (plus de 1 000 pages par tome original) laisse supposer un temps de parution française assez long, et une division de chaque titre en plusieurs volumes.

Titres principaux :

  1. Zodiac / Zodiac
  2. Snow Crash / Samouraï virtuel
  3. The Diamond Age / L'Âge de diamant
  4. Cryptonomicon / Cryptonomicon
  5. Le cycle baroque :

    1. Quicksilver
    2. The Confusion
    3. The System of the World
Les Chroniques de Krondor

Site officiel des chroniques · Fantasy · Raymond E. Feist

Un classique de la Fantasy. Pour le coup, on est en plein dans les dragons, sorciers, chevaliers, héros, elfes et compagnie.

Pug est un jeune apprenti dans la petite ville de Crydee, au vaste royaume de Krondor. Un jour, une Faille s'ouvre entre son monde et un autre, l'Empire, et des hordes de combattants débarquent pour conquérir Krondor. La guerre s'installe. C'est le début d'une aventure extraordinaire pour Pug, appelé à devenir le magicien le plus puissant de ce monde et d'autres, mais aussi pour son ami d'enfance Thomas, à la destinée tout aussi fabuleuse, et pour la famille régnante de Crydee, notamment les princes Arutha et Liam.

Rempli de personnages bien conçus, de lieux exotiques et hauts en couleurs, et doté d'un scénario savemment construit qui nous empêche souvent de se coucher à des heures raisonnables, ce cycle est un vrai plaisir pour les amateurs du genre.

Ceux qui auront aimé ce cycle pourront utilement prolonger le plaisir avec le cycle de l'Empire, qui permet de mieux comprendre la société de l'autre côté de la Faille.

Il existe également une édition intégrale des deux tomes de Magician:..., simplement nommée « Magicien », dans la série Guerre de la Faille (Riftwar) et un coffret intégral des Chroniques de Krondor, mais il est apparemment épuisé.

Titres :

  1. Magician: Apprentice / Pug l'apprenti
  2. Magician: Master / Milamber le mage
  3. Silverthorn / Silverthorn
  4. A darkness at Sethanon / Ténèbres sur Sethanon
Effective Java

Site officiel d'Effective Java · Technique · Joshua Bloch · Effective Java sur Amazon.fr

Tout développeur Java expérimenté et consciencieux se doit d'avoir ce bouquin sur son étagère, et de le relire régulièrement.

Joshua Bloch, le principal architecte du langage et du JDK aujourd'hui, nous livre en une cinquantaine de points de quoi écrire du code Java qui n'est plus simplement correct et fonctionnel, mais aussi hautement fiable, optimisé et sécurisé. Sans oublier un maître-mot : l'élégance.

Ce bouquin s'adresse toutefois clairement aux développeurs ayant déjà acquis une bonne expérience du développement avec Java. Si eux en goûteront pleinement la saveur et le mérite, les débutants risquent de passer à côté de sa vraie valeur.

Hackers and Painters

Site officiel de Hackers… · Technique/Philosophique · Paul Graham · Hackers… sur Amazon.fr

Paul Graham est passionné de langages fonctionnels, a longtemps réfléchi sur les rapports entre les nerds et le reste de la société, et vient nous livrer quelques vérités cinglantes et sujets de réflexion méritoires.

S'il n'avait pas inventé le filtre bayesien (au cœur des technologies anti-spam) et monté le premier véritable portail d'e-Commerce (Yahoo! Stores, codé en Lisp !), on serait tenté de le prendre pour un doux illuminé, mais voilà : le bonhomme sait de quoi il parle.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, et pas forcément celles des informaticiens, loin s'en faut. Une véritable série de clefs pour comprendre l'informatique d'hier, d'aujourd'hui et de demain, et le rôle au sein du modèle social de ceux qui la font.

Savoir manger : le guide des aliments

Nutrition · Jean-Michel Cohen, Patrick Serog · Savoir manger… sur Amazon.fr

La vérité, toute la vérité, et rien que la vérité, sur ce que vous foutez dans votre caddie en allant faire vos courses en grandes surfaces.

Avec les rappels de nutrition indispensables et les conseils généraux d'alimentation, les auteurs nous apprennent à décortiquer une étiquette, à éviter les pièges des appellations trompeuses (« allégé », « sans sucre », etc.) et à nous y retrouver de façon générale.

Avec, souvent, quelques grosses surprises. On découvre que l'habit ne fait pas le moine, et que des produits d'apparence très peu recommandable sont en fait bien plus sains qu'on ne le pense... et vice et versa.

Un livre indispensable pour qui se soucie de bien manger, si ce n'est de retrouver la ligne !

Films

Plutôt que les sites officiels, je vous donne ici les fiches IMDb, très complètes, uniformes, et liant sur le site officiel lorsqu'il existe, de toutes façons. Alors, par ordre alphabétique, et en ayant peiné pour me limiter à 10 :

Abyss

1989, James Cameron · Thriller fantastique en eaux profondes

Cameron adore plonger, et ça se voit. Ce film a repoussé une première fois les limites techniques du tournage sous l'eau. Ed Harris emporte l'action avec brio, soutenu par nombre d'acteurs souvent peu connus mais jamais mauvais.

L'histoire : en tentant de récupérer des données secrètes d'un sous-marin US ayant eu un accident indéterminé, une équipe de forage sous-marin à bord d'une station novatrice va devoir gérer la rencontre avec l'inconnu tandis que des forces spéciales paniquées encaissent mal le stress. La version longue en fait presque un autre film !

À la poursuite d'Octobre Rouge

1990, John McTiernan ·Thriller de Tom Clancy entre sous-marins nucléaires

Oh qu'il est bien Sean Connery, les cheveux blancs et la coupe militaire. Le casting est bon, l'histoire est excellente (bien meilleure que nombre d'autres Clancy, adaptés au ciné ou non), la réalisation impeccable. Ça prend aux tripes.

L'histoire : un officier russe très haut gradé, en charge des essais d'un sous-marin nucléaire révolutionnaire, tente en réalité de passer à l'ouest, avec ses officiers. Alors que les Russes lui foutent toute la flotte aux fesses, et que les Américains croient qu'il veut attaquer sans autorisation, un seul homme, le fameux Jack Ryan, comprend ce qui se passe et doit éviter la catastrophe...

American Beauty

1999, Sam Mendes · Portrait au vitriol de la société (US) moderne

Oui, j'adore Kevin Spacey. Mais si American Beauty marque énormément de points pour moi, c'est aussi et surtout à cause du scénario, époustouflant. Une somme de dissections et d'analyses de la société contemporaine (US mais pas seulement) qui nous force à réexaminer nos valeurs et à regarder nos névroses en face. Et tout ça avec une belle note d'humour et d'optimisme grâce au personnage de Kevin, Lester Burnham. Un grand moment.

Le Cercle des poètes disparus

1989, Peter Weir · Drame fabuleux où un prof éveille ses élèves à la vie, la vraie

Le film qui a consacré l'exceptionnel Robin Williams, et révélé Ethan Hawke. Quant à Robert Sean Leonard (Neil Perry), il est bien dommage qu'on ne le voit pas davantage au cinéma (mais il brûle régulièrement les planches).

L'histoire : Dans une école privée prestigieuse pour gosses de riches, les traditions poussiéreuses sont tout-à-coup bousculées par un prof de litérature aux méthodes radicales, qui a l'ambition d'apprendre à ses étudiants à... penser par eux-mêmes, et découvrir leur propre voie.

Cypher

2002, Vincenzo Natali · Thriller high-tech autour d'espions et d'agents doubles

On peut détester Cube (ce qui n'est pas mon cas), mais il serait dommage de bannir pour autant toute la filmo de Vincenzo Natali. Parce que Cypher est un foutu bon film. L'esthétique est impeccable, le son parfait, et les acteurs très bien. Notamment, et on s'en réjouit, Jeremy Northam, qu'on ne voit clairement pas assez sur les écrans d'habitude. Il joue ici le rôle principal avec un brio indisputable.

Cypher, c'est l'histoire de deux boîtes spécialisées dans le high-tech et l'espionnage industriel, qui consacrent une bonne partie de leurs moyens à tenter de s'infiltrer l'une l'autre. Le héros s'engage dans l'une, mais très vite tout bascule... Théories du complot, paranoïa, agents doubles, agents triples, lavages de cerveaux... De quoi perdre tous ses repères et devenir fou ! Et pourtant, on ne voit pas tout de suite venir le principal rebondissement. Un très, très bon moment, qui a fait pratiquement l'unanimité chez les copains.

Danse avec les loups

1990, Kevin Costner · Une amitié difficile entre caporal et Sioux sur la Frontière

D'habitude, je suis intraitable sur la VO, mais là, je fais une exception : la voix VO de Costner, ajustée pour un bon gros accent du Sud, est à crever. Non que je ne comprenne pas (et encore, ça demande un peu d'effort), mais c'est énervant, voire désagréable. En revanche, la voix VF est parfaite. Alors VF. Na.

C'est le premier film réalisé par Costner, et il aurait dû s'arrêter là : alors que ce film est somptueux, les suivants (Waterworld, the Postman, Open Range) sont à chier. Un monde de différence.

L'histoire est toute simple : durant la Guerre Civile, un soldat profite d'une possibilité de mutation, après bravoure exceptionnelle, pour se faire affecter sur « la Frontière », à la limite des territoires sioux. Il arrive dans un petit fort déserté, remet de l'ordre, et finit par rencontrer des sioux.

Ce film, c'est toute la série des obstacles intemporels entre les cultures : les mythes, les préjugés, la langue… C'est aussi comment ces obstacles ne résistent jamais longtemps aux hommes de bonne volonté (sans parler de l'histoire d'amour obligatoire dans un film de studio US). C'est enfin une demande de pardon vis-à-vis des Indiens, ces « native Americans » d'abord décimés puis, pour ceux qui survécurent, déracinés et parqués dans des Réserves.

Les paysages, la photo, le jeu des acteurs, la musique : tout est magnifique. En 3h (presque 4h en version longue et en Director's Cut), on ne s'ennuit pas un instant.

Forrest Gump

1994, Robert Zemeckis · Le mec le plus gentil du monde nous raconte sa vie

Il paraît que ça fait de moi quelqu'un de rare, mais je suis le genre de mec qui pleure quand je suis ému. Quand une scène d'un film m'émeut, je pleure. Moi, je pense qu'on a tellement appris aux mecs qu'un vrai mâle ne pleure pas qu'ils n'osent plus, mais on ne me fera pas croire que les mecs sont des brutes insensibles, alors je leur indique ici ma compassion : les gars, pour vous retenir de chialer, parfois, ça doit être l'enfer !

Forrest Gump, c'est le film où je chiale facilement 4 fois, peut-être plus. Le personnage central est tellement gentil, tellement fondamentalement bon, que je me sens régulièrement pris à la gorge.

On a ici un film génial, brillamment écrit (roman) puis scénarisé, qui nous fait vivre la période 1950-1990 à travers les yeux de Forrest Gump, un type au QI classé débile mais doté d'un cœur en or, de valeurs en béton et d'un sens pratique indéniable. Le film traverse son extraordinaire vie, tandis que sans chercher à faire quelque chose de grandiose, Forrest va rencontrer trois Présidents US différents, devenir un héros du Vietnam, une figure emblématique populaire, un champion du monde de ping-pong, un milliardaire de l'industrie de la crevette, inspirer une foule de gens, et bien d'autres choses.

Tom Hanks a conquis le monde entier avec ce film (d'ailleurs, 6 oscars et 31 récompenses supplémentaires). Tout dans le film est au diapason : décors, acteurs (Sally Field et Gary Sinise notamment, impeccables), bande son… Jetez-vous dessus !

Gladiator

2000, Ridley Scott · L'épopée du général-esclave-gladiateur Maximus

Merci Ridley Scott ! Tu nous avais déjà donné Blade Runner, Alien et 1492, pour ne citer qu'eux, et voici que tu as la brillante idée de confier un gros rôle à Russel Crowe, et un beau second rôle à Joaquin Phoenix ! (En revanche, pour Kingdom of Heaven, tu aurais pu t'abstenir.)

Bien sûr, tu prends des libertés avec l'Histoire, avec certains aspects des costumes, mais bon, ça passe. On s'identifie à Maximus, on a la rage pour lui, on admire sa simplicité, ses valeurs ancrées profond, son courage, sa force. Tu as compris qu'on pouvait arrêter de considérer que le héros mâle est forcément body-buildé et huilé partout, comme en témoigne le plan qui aligne les esclaves fraîchement arrivés chez Proximo : mais, mais, un peu de bide autour du muscle ?! Mais oui ! Et pourtant, on en craint d'autant plus quand il cogne : parce que du coup, ça fait vrai muscle, ça fait solide.

L'histoire n'a rien de fabuleux, mais ça nous retient tout le film sans souci (attention, spoilers) : Maximus, général émérite sous l'empereur romain Marc-Aurèle, est désigné par celui-ci pour lui succéder et refaire de Rome une république, alors que tout ce à quoi il aspirait, c'était retrouver sa femme, son fils, et ses champs. Commode, le fils de Marc-Aurèle, apprend ça de la bouche son père et l'assassine illico, puis condamne Maximus à mort. Celui-ci s'échappe, découvre que sa famille a été torturée puis tuée, et devient esclave. De là, il va se frayer un chemin jusqu'à combattre l'empereur sur le sol du Colisée.

Lisa Gerrard en vocal c'est un choix judicieux, et Joaquin joue très bien l'empereur qui oscille sans cesse entre le petit garçon qui a peur et veut qu'on l'aime d'une part, et le taré sadique d'autre part.

Le film a pratiquement fait l'unanimité (sans parler de 4 oscars et 44 récompenses en plus), et je ne suis pas surpris.

Matrix

1999, frères Washowski · SF grandiose, culte et fondatrice autour du virtuel

J'ai vraiment besoin de le présenter, celui-là ? Bon allez, pour la forme alors.

Matrix, c'est le film qui a tellement redéfini le genre (a priori, SF) qu'il en est devenu un genre à part entière (on ne compte plus les articles qui disent qu'un film est « à la Matrix »). On en compte 3, mais celui dont je parle ici, c'est le premier, qui est à mon sens le meilleur.

Les grandes lignes : alors qu'on croit vivre dans la réalité, en fait non, nous sommes tous en réalité dans des cuves, branchés à plein de tuyaux, en train de servir de piles électriques pour la seule civilisation qui existe aujourd'hui sur Terre : celle des Machines. Les humains sont créés, cultivés, puis exploités. Nos cerveaux sont toutefois branchés sur une sorte de réalité virtuelle extrêmement avancée, la fameuse Matrice, qui nous permet d'éviter de péter les plombs.

Ironie d'ailleurs : un univers où tout le monde est beau, tout le monde est content, ça ne marchait pas. Il a fallu nous reprogrammer une réalité plus classique, avec ses inégalités, ses souffrances, etc.

Le hic dans tout ça, c'est qu'évidemment, certains humains se sont « réveillés », ont été débranchés, se sont échappés, et résistent aujourd'hui dans le monde réel. Ils font fléchir les règles physiques de l'univers virtuel et s'y comportent donc en sortes de super-héros.

La bande son est survoltée, les idées originales pululent, et les innovations visuelles abondent (et ont été copieusement repompées par un peu tout le monde depuis). À voir absolument, ne serait-ce qu'une fois.

Titanic

1997, James Cameron · Comme si vous y étiez, l'amour en plus

Déjà, oui, j'assume.

J'entends déjà les mecs hurler « whaaa le film de fiiiilles eh trop la honte ! ». Eh bien messieurs, je vous conchie, et je ne vous retiens pas. Bien sûr, Titanic dégouline sous son histoire d'amour idéalisée entre Rose, la petite fille anglaise riche qui rêve de vivre pour de vrai et donc de briser ses carcans, et Jack, le jeune Américain qui a déjà tellement baroudé du haut de ses même pas vingt ans. Je vais même vous dire : cette histoire d'Amour n'est pas pour rien dans mon intérêt pour le film. Je l'ai vu à un moment où j'étais moi-même dans une situation un peu parallèle, et j'ai resonné pas mal. Et puis diCaprio et Winslet sont trop mignons tous les deux, quoi, merde !

Mais ce pourquoi j'aime tant le film, c'est surtout l'histoire de son tournage, marquée par un souci totalement maniaque (on parle de James Cameron, quand même) d'exactitude, et le résultat se sent à l'écran. On y est, bordel. Les historiens du Titanic de tout premier plan ont suivi le projet depuis ses stades les plus préliminaires jusqu'au montage. Il faut quand même voir que pour préparer ça, Cameron a fait construire (par son frère ingénieur) les premières caméras capables de filmer correctement à la profondeur de l'épave (3780m), et a monté une expédition à part entière, la première à ramener des vues d'une telle qualité. Cette obsession du détail amènera tout de même le film à 200 millions de dollars US de budget, un chiffre encore jamais égalé.

Toujours est-il que, pendant 3h14, on passe un excellent moment. On reproche souvent au film de n'être qu'un Roméo & Juliette sur le Titanic, mais c'est n'avoir rien compris. L'histoire de Rose et Jack n'est là que pour que le spectateur s'identifie à un personnage principal, et de là, cesse de contempler les événements d'un regard détaché, mais les ressente au contraire vivement. Un principe scénaristique fondamental.

Musique

Vu comme j'aime pratiquement tous les styles, c'est difficile de faire un choix… Idéalement, je devrais revenir changer cette partie plus souvent que le reste, en fonction de mes coups de cœur. On verra bien. Voici déjà quelques albums ou artistes.

Belle Ville (Alexis HK, 2002)

Sans le Rue des Chansons n°2 que m'a offert ma frangine Claire, je n'aurais pas découvert plus tôt Alexis HK. J'aime notamment ici Gaspard, Le Diable Attend, Le Ringard et Mitch.

Ce que j'aime chez cet artiste, c'est d'abord la prosodie particulière de sa voix (on ne peut pas tout-à-fait parler de chant), mais surtout ses paroles. Sur ce point, Gaspard et Le Diable Attend m'éclatent. Je ne suis pas sûr qu'il donne bien sur scène, en concert, mais à l'écoute, c'est rafraîchissant, parce que c'est différent et bien ficelé.

Bénabar

Qu'on parle de Bénabar (2001) ou de Les risques du métier (2003), je suis fan. Certes, je ne suis pas le seul, mais je m'en fous. Même si certains morceaux ne m'inspirent pas plus que ça, je me retrouve régulièrement à me passer l'un des albums en boucle, ne serait-ce que pour des joyaux comme Velo, À notre santé, Majorette, Je suis de celles, Vade retro téléphone ou encore La station Mir.

Bénabar, le poète urbain à la voix un poil éraillée, résolument multiple, aussi à l'aise dans le burlesque que dans le touchant, mais presque toujours juste : un vrai poète moderne. Son 3ème album, La reprise des négociations, sort dans 3 jours alors que j'écris ceci. Impatience.

As if to nothing (Craig Armstrong, 2002)

Ah, Craig Armstrong… Un vrai grand musicien, au sens du passionné de musique qui touche à tout avec bonheur et beaucoup de talent. De ses arrangements pour les albums des autres (on pense à Madonna) aux musiques de films (Romeo+Juliet, Moulin Rouge!, Love Actually, Ray, pour ne citer qu'eux) en passant par ses albums propres, on mesure l'étendue de ses capacités.

Cet album est surtout composé de morceaux doux, très musique d'ambiance calme, avec quelques sonorités inattendues au tournant, et très peu de parties vocales (et encore moins de véritables paroles). Je vous recommande particulièrement Ruthless Gravity, Wake Up In New York, Hymn 2 et Snow.

O (Damien Rice, 2003)

Je l'ai découvert, comme trop de gens (j'entends par là que son album aurait dû faire un barouf du diable en sortant, deux ans plus tôt), avec les génériques de Closer (Entre adultes consentants, pour le titre français). Une musique qui collait tellement bien à l'image que tout le monde s'en est épris.

Et de fait, même s'il n'est pas parfait, l'album est très sympa. C'est globalement calme, avec cette petite voix d'écorché calmé, et quelques sonorités originales et bien vues comme j'aime. On se jette évidemment sur la piste du générique : The blower's daughter, mais il ne faudrait pas pour autant négliger Cheers darlin' ou Cold water, par exemple.

Dead Can Dance

Tous les albums. Point. Les voix sont sublimes (Lisa Gerrard s'y est fait connaître, mais le type a une voix exceptionnelle aussi), les paroles toujours sombres, ou à tout le moins mélancoliques, et les musiques délicieusement étrangères. Côté sensations, on a de tout, et c'est pour ça qu'on aime. Parmi tous leurs albums, vous avez l'embarras du choix pour tester ; pourquoi ne pas démarrer avec Toward the Within ou Into the Labyrinth ?

Details (Frou Frou, 2002)

En voilà encore une qui n'a percé qu'après avoir figuré sur la bande son d'un film qui a cartonné (Shrek 2, et encore, dans le générique de fin !). Pourtant, l'album est super, je l'ai découvert en 2005 et c'est une très bonne surprise.

C'est assez éclectique mais globalement ça bouge pas mal, ça vous attrape à coup de petites originalités phoniques, et ça varie agréablement d'une piste à l'autre. J'aime particulièrement Let Go, Shh, Psychobabble et Maddening Shroud.

La Grande Sophie

Elle en est au 3ème, et c'est tant mieux. J'aime la voix, j'aime les musiques, et j'aime surtout les paroles (en tout cas, presque toujours). C'est frais, c'est fille (certes), et c'est souvent drôle. Allez, juste deux favorites : Ma première ride (pour les paroles) et Mon docteur (pour la mélodie).

2000 (Matthieu Boogaerts, 2003)

J'ai pas testé le nouveau (Michel), mais j'aime vraiment bien la voix, et les p'tites paroles sympa sans prétention sur des mélodies par ailleurs ravigorantes. Moi, c't'album, il me remet de bonne humeur. Alors forcément, je l'aime bien.

Respire (Scala & The Kolacny Brothers, 2004)

Ah tiens, je vais les voir en concert à l'Élysée Montmartre demain soir… Je les ai découverts cette année, ces deux frangins qui font interpréter, avec une mise en musique tout en retenue et sobriété, des titres contemporains à une chorale de jeunes filles formée et dirigée par leurs soins.

C'est surréaliste, mais carrément génial, d'entendre une chorale chanter Engel (Rammstein), Le vent nous portera (Noir Désir), Dream on (Depeche Mode), With or without you (U2) ou encore Creep (Radiohead). Plusieurs CDs qui totalisent une quarantaine de titres.

C'est pas compliqué, alors que je n'aime pas les versions d'origine, je m'écoute avec plaisir leurs Jeune et con et Respire !

À tenter absolument car complètement différent de tout le reste.

VNV Nation

Tous les albums (et il y en a une quinzaine, dont quelques courts), d'abord !

VNV Nation, c'est pour moi le meilleur groupe de Synthpop de la planète :-) Avec un look un peu décalé, une présence scénique extraordinaire, des musiques bien électro avec des beats appuyés, et (c'est là qu'on sort de l'habituel) des paroles souvent responsables (Carbon étant l'exemple absolu) ou plus ou moins spirituelles (Beloved), leurs morceaux sont juste… énergisants.

J'ai eu la chance d'aller à leur concert de 2003 à Paris (soirée D-side à la Loco), et après coup, on a pas regretté d'avoir dû attendre 3h du mat', en passant par le concert de merde de The Horrorist dans l'intervalle, pour se farcir 2h de live avec ces deux types. Trop, trop de la balle.

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